Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N° 40

Patrimoine et identité

Éditorial

Éric Letonturier

Dossier

Jean-Pierre Rioux

Le patrimoine, hier pour demain

La notion de patrimoine a considérablement évolué depuis 1789. Au nom des héritages et des destinées séculaires d’une France civile et militaire, royale puis républicaine, le patrimoine a été successivement privatisé, nationalisé et démocratisé : réinventé sans être délaissé. Retour sur ces étapes.
Catherine Durandin

Redécouverte d’un patrimoine, réinventions identitaires : la Roumanie postcommuniste

Après avoir aboli le régime de Ceausescu fin 1989 dans une violence radicale, les Roumains ont redécouvert des passés pluriels et une mémoire complexe en sa diversité. Les projets de reconstruction postcommunistes reposent ainsi sur des arguments identitaires variés au point d’en être conflictuels, en même temps qu’ils s’inscrivent dans une véritable course à la consommation.
Wassim Nasr

Pourquoi les djihadistes détruisent des vestiges archéologiques

Plusieurs mouvements djihadistes ont procédé à des destructions de vestiges archéologiques. Des analyses récurrentes expliquent ces actions par une volonté de « faire table rase du passé » ou une « soif de destruction sans limites ». Or l’étude factuelle nous sort du champ de l’irrationnel et nous plonge dans l’essence même de ces actes qui est religieuse, mais aussi sociétale et politique.
Éric Letonturier

Patrimoine, identités et cultures militaires

Qu’est-ce qu’une entreprise de patrimonialisation authentiquement militaire, c’est-à-dire fidèle aux fondamentaux et aux missions assignées aux armées ? Quels dangers présentent des projets de patrimonialisation mal conduits pour le lien armée/nation ?
Dominique Cambournac

Le patrimoine de l’armée de terre, réseau professionnel et enjeux

Deuxième acteur culturel de l’État après le ministère de la Culture, le ministère des Armées a hérité, conserve, et continue d’enrichir et de valoriser un patrimoine considérable, immatériel et matériel, dont la gestion est confiée à des officiers spécialement formés.
Jean-Luc Cotard

Faut-il condamner le défilé du 14 juillet ?

On pourrait croire le cérémonial militaire inutile aujourd’hui. Or il n’en est rien car, véritable outil de communication, il permet d’afficher un certain nombre de messages à caractère politique et diplomatique avec une capacité de nuances que le néophyte ne soupçonne pas.
Marc Conruyt

Quand l’habit fait le soldat

L’uniforme n’est en rien anodin. Répondant d’abord à la nécessité de la performance opérationnelle, il est également le signe distinctif de l’état militaire, miroir de la discipline, symbole d’identité, d’autorité et de représentation. Il incarne le tragique du destin du soldat.
Jean Tulard

L’épée des académiciens, une arme de guerre ?

Pourquoi les académiciens, sauf les ecclésiastiques, portent-ils une épée au côté ? Quand est-elle apparue ? A-t-elle un rapport avec celle des militaires ?
Éric Schérer

Le marin et son uniforme

Exerçant le métier des armes à la mer, milieu physique exigeant, les marins français sont fiers d’être reconnus du premier coup d’œil par leurs frères d’armes et leurs concitoyens, mais aussi par les marins étrangers. Il est vrai que certains effets de tradition ont construit depuis plus de cent ans une identité presque universellement reconnaissable.
Jean Assier-Andrieu

La force symbolique de l’uniforme

En 2013, les commissaires de chaque armée devenaient « commissaires des armées ». Une transformation qui a ébranlé des identités séculaires et posé la question de la construction de l’identité d’un nouveau corps d’officiers.
André Thiéblemont

L’étrange aventure de la galette saint-cyrienne

De la « galette », attribut vestimentaire que portaient des saint-cyriens mal classés, des « officiers galette » ou des « fines galettes » rebelles aux normes de l’institution, à La Galette d’aujourd’hui, hymne de Saint-Cyr, quelles circonstances et quels détours de la pensée symbolique ont produit cette métamorphose d’un objet qui, jadis, incarnait une résistance à l’autorité ?
Stéphane Brosseau

Chant et identité

Le chant militaire crée l’identité, la cohésion du groupe, mais il est également une manifestation de cette cohésion, il est à la fois le jardinier et le fruit de l’identité. Il convient cependant d’être attentif à ce qu’il ne suive et ne serve pas les excès et les dérive associés à la recherche de celle-ci.
Jean-Luc Cotard

Le patrimoine architectural militaire, symbole de la place du soldat dans la cité ?

Le soldat, par essence aux remparts de la cité, se voit repoussé sans cesse plus loin du cœur de cette dernière. Mais la fonction utilitaire peut-elle effacer totalement la fonction de prestige et l’affichage de la puissance publique ?
Dominique Gros

Metz, de la citadelle à la cité

Place forte stratégique pour la France puis pour l’Empire allemand après son annexion en 1870, Metz a vu son urbanisme guidé par le fait militaire pendant quatre siècles. Aujourd’hui, à l’heure où la Défense se dessaisit d’un certain nombre de ses emprises, la municipalité agit pour la sauvegarde et le réemploi de ce patrimoine qui constitue l’identité de la cité.
Éric Deroo

Les tribulations de Demba et Dupont

Le patrimoine culturel est devenu l’un des enjeux des relations que la France entretient avec ses anciennes colonies. En Afrique, un certain nombre de monuments, en particulier ceux érigés à la gloire des soldats français et indigènes, après avoir été oubliés, démontés voire détruits, revivent aujourd’hui au nom d’une histoire partagée. Des tribulations qui illustrent les ambiguïtés et les limites du « devoir de mémoire ».
Antoine Champeaux

Musée militaire : un supplément d’âme

Plus que de simples musées d’histoire accessibles à tous les publics, les musées de l’armée de terre sont de véritables outils de formation : les militaires, en particulier les nouveaux engagés, viennent y forger leur culture d’arme, l’esprit de corps.
Olivier de La Motte

Balard : de l’appropriation d’un site

Installés sur le site de Balard en 2015, les armées et les services du ministère se sont rapidement approprié les lieux. Mais face à la forte normalisation de l’ensemble, un besoin identitaire a été très rapidement exprimé, en particulier au sein du personnel militaire.
Nicolas Michelin | Emmanuel Saulnier

Vivre libre

Dans le projet architectural du nouveau ministère des Armées édifié à Balard, le hall d’entrée devait abriter une sculpture monumentale intitulée Vivre libre. Mais point de sculpture aujourd’hui. L’architecte du projet et l’artiste auteur de cette œuvre reviennent ici sur cette absence et son sens pour eux.
Frédérique Neau-Dufour

Les vestiges, objets de patrimoine, fondements d’identité

La préservation des vestiges des lieux de terreur ne coule pas de source. Si beaucoup ont été détruits, certains ont été protégés au nom d’une notion patrimoniale qui n’est pas liée à des considérations esthétiques, mais à la construction des identités européennes d’après-guerre. L’exemple du camp de concentration nazi de Natzweiler est éclairant.

Pour nourrir le débat

Évelyne Gayme

Les mémoires de la captivité

La mémoire de la captivité a évolué tout au long de la seconde partie du XXe siècle. D’abord mêlée à celle d’autres acteurs de la Seconde Guerre mondiale, elle devient spécifique mais collective au début des années 1980, avant d’évoluer, suivant le souhait des prisonniers, en mémoire individuelle et familiale.
Damien Delort

De l’utilité de l’art pour la guerre

Les appels à l’innovation scandent régulièrement le discours stratégique. Pourtant, les champs d’exploration empruntés par la recherche opérationnelle sont bien classiques. L’audace véritable réside dans la sollicitation d’univers au premier abord totalement étrangers aux affaires militaires. À cet égard, l’art recèle d’incontestables ressources.

Comptes rendus de lecture