Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°40 | Patrimoine et identité

Julien Sapori
Marcher ou mourir
Les troupes italiennes en Russie, 1941-1943
Tours, Éditions Sutton, 2018
Julien Sapori, Marcher ou mourir, Éditions Sutton

En dehors de quelques articles publiés dans la presse spécialisée et d’une poignée de romans, le sujet a été très rarement abordé ces dernières années dans la littérature francophone, et il faut remercier Julien Sapori d’avoir mis ses connaissances à notre disposition. Après une très solide introduction, qui fait en particulier le point de l’historiographie, il dresse le panorama général, avec la volonté de Mussolini de participer à l’offensive contre l’Union soviétique et la mise en route d’un premier contingent, déjà sous-équipé. Devenu par la volonté de Mussolini, qui veut être le meilleur allié de l’Allemagne, corps d’armée puis 8e armée (armir), le corps expéditionnaire italien est parfaitement décrit dans son organisation, ses équipements, son commandement : « En conclusion, l’ensemble constituant l’armir n’était pas une force négligeable, qu’il s’agisse des hommes et des moyens. On peut même considérer qu’elle était équipée des meilleurs matériels disponibles en Italie, notamment en ce qui concerne son artillerie, presque entièrement mécanisée » (mais il y a par ailleurs de nombreuses lacunes). Sur le Don, les Italiens connaissent le baptême du feu en août 1942, mais le drame va se nouer à la mauvaise saison autour de l’immense bataille de Stalingrad, entre la 3e armée roumaine et la 2e armée hongroise. La retraite, dans le froid et la neige, sous les coups permanents de l’armée Rouge, est particulièrement dure et meurtrière. Il s’agit sans doute du plus grand drame de l’histoire militaire italienne, et ces pertes massives marquent durablement les esprits (les pertes totales sont égales à presque 50 % de l’effectif !), en particulier chez les Alpini. À ces pertes, il faut ajouter le drame des prisonniers détenus dans les camps soviétiques, auxquels l’auteur consacre quelques belles pages. Le livre se termine par une évaluation du souvenir et de la mémoire de ces événements, et par une solide bibliographie et indication des sources. Un très bon ouvrage vivement conseillé.

PTE

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