Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

Voici un livre qui, indiscutablement, va marquer la bibliographie sur le sujet. Quelques ouvrages assez largement romancés voire plus ou moins hagiographiques des années 1970 (Mabire, Saint-Loup) constituaient une base bien fragile pour comprendre comment des Français ont pu faire le choix de combattre sous uniforme allemand, y compris lorsque la situation militaire n’a plus été en faveur du Reich. À la rigueur, Le Rêveur casqué de Christian de La Mazière donnait l’impression de sortir du lot. Avec ce volume, les éditions Nimrod apportent une indiscutable plus-value à notre connaissance de la période et de ce phénomène. Le livre est organisé en trois grandes parties. La plus importante, le récit personnel de Jean-Marie Croisile, constitue l’apport brut le plus intéressant. Il nous entraîne sur les lieux des engagements de la lvf, le plus souvent sur les arrières des armées allemandes, puis de la division Charlemagne, du séjour à Bad Tölz jusqu’à la défense finale de Berlin. La guerre n’y est ni plus belle ni plus laide que pour les autres ; elle est faite d’attentes, de privations, de petits plaisirs, de tours de garde, de douleurs aussi... À propos de la Russie : « Oui, j’ai aimé ce pays et je sais que je ne l’oublierai pas. » Cette partie centrale est précédée par le parcours de son père Jean qui, officier et chevalier de la Légion d’honneur après une très belle guerre en 1918, s’engagera également dans la ss avec son fils cadet en 1943. On est loin ici du stéréotype collaborationniste et l’anticommunisme joue un rôle essentiel. L’ouvrage se termine par une analyse des procès de la Libération, à la suite du retour du père et du fils en France (le cadet Alain est porté disparu depuis 1944), avec de larges extraits des débats et témoignages. Assez rapidement libérés, tous deux vont trouver en Afrique la possibilité de reconstruire leur vie. On sera à plusieurs reprises surpris par le ton de ce récit et surtout par l’excellente idée de présenter le texte central entre deux parties très complémentaires (plus quelques annexes en fin de volume) est à souligner. Un livre qui mérite d’être connu de tous ceux qui s’intéressent à la Seconde Guerre mondiale.

PTE

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