Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N° 39

Dire

Éditorial

Jean-Philippe Margueron

Dossier

Claire Legras

Du devoir de réserve des militaires

La portée de l’obligation de réserve prête à interprétation. Elle laisse toutefois un espace qui mérite d’être interprété généreusement : la loi permet aux militaires de ne pas être cantonnés à l’action ; elle ouvre sans nul doute une place à des prises de position utiles, attendues et nécessaires. Le silence n’est pas de rigueur !
Matthieu Chillaud

Des « francs-tireurs » dans l’armée française ?

S’ils acceptent d’être contraints par le secret militaire et la neutralité politique, les militaires se heurtent à une imprécision de ce que recouvre exactement la notion de devoir de réserve. Certains « osent » pourtant publier, avec des conséquences diverses sur leur carrière.
Philippe Vial

François Binoche, un officier de parole

Durant toute sa vie, François Binoche n’a jamais hésité à dire les choses, comme officier, mais aussi comme citoyen. Parler pour tenir parole, pour rester fidèle aux convictions qui fondent une vie et justifient le choix fait de la risquer en embrassant la carrière des armes. Et quand la tradition fait de l’obéissance silencieuse l’ultime de la fidélité aux valeurs militaires, il choisit la rupture.
Frédéric Saffroy

La IIIe république, âge d’or de l’expression des militaires ?

La IIIe République, avec son parlementarisme pluriel et l’essor d’une presse libre, apparaît rétrospectivement comme un âge d’or de l’expression publique. Si, à travers journaux, revues et ouvrages, les militaires participent à cette expression, celle-ci est fortement canalisée à partir de l’affaire Dreyfus puis après la Grande Guerre.
Bénédicte Chéron

Le « dire » militaire vu des médias : subtils équilibres et crispations récurrentes

Le « dire » des militaires dans les médias a une place, mais selon des modalités répétitives et souvent simplistes ancrées dans une répartition des rôles binaire : les politiques décident, les militaires exécutent. Difficile alors pour les Français de comprendre quel peut être le rôle de leur parole, et comment s’élaborent subtilement les échanges entre les chefs militaires et les responsables politiques.
Jérôme Pellistrandi

La Revue défense nationale, un acteur historique du dialogue politico-militaire

Contrairement aux idées reçues, il est possible de s’exprimer sur les questions de défense, y compris pour les militaires. La Revue défense nationale s’y emploie depuis sa création. Et on ne peut être que surpris par l’abondance des thématiques qui y ont été traitées depuis la Seconde Guerre mondiale.
Arnaud Planiol

Les blogs de défense et leur prise en compte par le ministère des Armées

Si les blogs de défense n’ont plus la place centrale qu’ils ont pu occuper dans les années 2000, ils gardent une forte capacité d’attrait et une importante légitimité pour les personnes qui s’intéressent à ces questions. Leurs auteurs demeurent des influenceurs et des prescripteurs d’opinion, même s’ils ne semblent pas toujours pris en compte comme tels par l’institution militaire.
Jacques Tournier

Pour un débat collectif renouvelé sur les questions de défense

Depuis plusieurs années, le plaidoyer en faveur d’un débat plus ouvert, donc plus riche, sur les questions de défense revient régulièrement sur le devant de la scène, et avec lui le souhait de voir les militaires s’exprimer davantage dans ce domaine qui les concerne particulièrement. Qu’en est-il aujourd’hui en France du débat collectif sur la défense ?
Jean-François Bureau

La mission : qu’en dire ?

Donner à comprendre le sens de la mission, relever ses incertitudes et reconnaître ses risques, évaluer avec pertinence sa durée et l’ampleur des ressources qui devront être mobilisées, autant d’impératifs qui pourraient faire reculer. Pourtant, la démocratie exige le « dire » des engagements des armées, accomplis au nom des Français et pour les protéger.
Elrick Irastorza

Le politique et le soldat durant la Grande Guerre : entre méfiance et manque de considération

En France, les relations entre le politique et le soldat ont toujours été difficiles. La Grande Guerre nous offre de quoi parfaitement illustrer ces aspérités ; son centenaire l’opportunité d’y réfléchir librement. Car qu’on le veuille ou non, « ils continueront d’aller deux par deux, tant que le monde ira, pas à pas, côte à côte ».
Xavier Boniface

Nomination de Joffre à la tête de l’armée : la stabilisation des relations entre l’armée et la république

La centralisation et l’unification du haut commandement de l’armée française, avec la création de la fonction de chef d’état-major général au profit du général Joffre en 1911, marque un tournant dans l’histoire des relations politico-militaires sous la IIIe République.
Vincent Desportes

Devoir d’expression et efficacité militaire : un lien consubstantiel

Le militaire n’est pas un simple bretteur. Il lui faut penser la défense pour l’immédiat, mais aussi pour le temps long, des niveaux les plus concrets de l’efficacité tactique jusqu’aux plus élevés de la réflexion. C’est son rôle social dans et pour la nation. Bien plus qu’un devoir de réserve, il a donc un devoir d’expression spécifique.
Edmond Hervé

Le maire et le général

Edmond Hervé évoque ici quelques souvenirs représentatifs de la relation qu’il a entretenue avec les généraux qui se sont succédé à la tête de la région tout au long de son mandat de maire de Rennes, qui a couru de 1977 à 2008. Et explique ce qu’est pour lui l’« esprit de défense » cher à Jaurès.
Jean-Jacques Bridey

Dire devant la représentation nationale

Le dialogue entre le politique et le militaire est une nécessité et un enjeu majeur pour l’exécutif comme pour le législatif. Comment se construit-il au Parlement ? Les explications de Jean-Jacques Bridey, président de la commission de la Défense et des Forces armées de l’Assemblée nationale.
Patricia Adam

Dire en tant que présidente de la commission de la Défense

Le président de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale est le représentant naturel de la communauté de défense au sens large. Patricia Adam, qui a exercé cette fonction entre 2012 et 2017, raconte ici son expérience du « dire ».
Brice Erbland

Le rôle sociétal de l’officier

Il est improbable aujourd’hui de voir un militaire publier une tribune sur l’éducation des jeunes générations, sur le combat féministe, sur l’évolution de la vision de la famille ou sur la fin de vie. Il est pourtant concerné par ces sujets au même titre que tout autre citoyen. Mais son avis apporterait-il quelque chose à la société ?
Monique Castillo

Le langage comme lieu de guerre

User des mots comme d’armes qui discréditent et condamnent est un procédé qui se banalise dans les médias et sur les réseaux sociaux. Une liberté d’opinion bellicisée et parfois déchaînée empêche ou pervertit l’usage public de la parole. Peut-on espérer qu’un devoir d’expression assume la responsabilité de significations destinées à nourrir une démocratie de réflexion ?

Pour nourrir le débat

Olivier Lahaie

Dire pour nuire Été 1914, les prémices de la propagande de guerre

S’il est certain que la lutte qui s’engage sera violente et protéiforme, et que chaque camp devra s’attacher à stimuler le courage de ses nationaux et à corrompre l’âme de l’adversaire, jusqu’à la mi-août 1914, la croyance en une guerre courte ainsi que le manque de directives officielles en matière de propagande vont laisser le champ libre à des initiatives désordonnées et aux résultats parfois discutables.
Yann Andruétan

Le son du silence

Si la reconnaissance des blessures psychiques est un immense progrès dans le monde civil comme dans le monde militaire, il faut toutefois s’interroger sur l’actuelle focalisation excessive sur le trauma, qui sert de réponse pratique et écarte d’autres modalités de réponse à l’événement. Une reductio ad trauma qui éteint toute parole.
Nicolas Mingasson

Pilotes de combat : histoire d’un livre

Pilotes de combat est né de la rencontre de son auteur avec la veuve et le coéquipier d’un pilote tué dans le crash de sa Gazelle en Afghanistan. Il s’agissait au départ d’écrire ce que le second pouvait dire aux enfants de la première des derniers jours, dernières heures, dernières minutes de la vie de leur père. Et puis ce fut la certitude qu’un récit de guerre puissant pouvait éclore de ces souvenirs. Un récit qui est devenu une histoire universelle.

Comptes rendus de lecture