N°57 | La norme

Christophe Gué

Normes et armements d’une guerre mondiale à l’autre

Le besoin de normes précises s’est fait ressentir très tôt dans le domaine des armements, le but recherché étant de pouvoir les reproduire à l’identique afin que les armées disposent des moyens standardisés nécessaires pour opérer dans de bonnes conditions. Ces normes portent sur les caractéristiques des armes prises individuellement, mais également sur les différents modèles que peut compter une catégorie d’armements donnée. Le système d’artillerie Gribeauval de la fin du xviiie siècle, avec ses pièces de campagne de différents calibres, dont les affuts et leurs composantes étaient parfaitement interchangeables, en constitue un exemple bien connu.

Pour que les armements répondent aux besoins des armées, il est nécessaire que les normes d’après lesquelles ils sont conçus et réalisés soient définies en tenant compte du progrès technique et scientifique, ainsi que de l’ennemi potentiel. Il est tout aussi important de prendre en considération leur environnement organisationnel et doctrinal, ainsi que le type de conflit dans lequel ils seront employés. Visant la standardisation des armements pour satisfaire des exigences opérationnelles, les normes définies par le commandement vont également dans le sens de la logique industrielle, dès lors qu’il s’agit de produire le matériel en série. Mais des divergences, favorisées par le progrès technique, sont susceptibles d’apparaître entre les deux logiques. Les perfectionnements souhaités par les militaires peuvent en effet compliquer la production et augmenter les coûts, alors que les industriels tendent au contraire vers une simplification et une limitation des dépenses, qui peut affecter les performances.

D’une importance capitale, la définition de normes répondant le mieux possible aux besoins des armées doit donc tenir compte d’exigences nombreuses et souvent contradictoires. Les deux guerres mondiales constituent une bonne illustration de la manière dont cet exercice difficile, qui conditionne le déroulement des opérations et leur résultat final, a été conduit.

  • L’impasse produite par le mirage de la guerre courte

Avant la Première Guerre mondiale, la volonté d’opérer le plus rapidement possible pour provoquer « le premier chez l’adversaire cette dépression qui le rend incapable d’activité »1, influe sur les normes retenues par l’armée française. Soucieuse de privilégier la simplicité par rapport à une complexité de nature à ralentir l’action, elle en arrive à négliger les possibilités offertes par le progrès technique. C’est ainsi que l’observation des tirs d’artillerie à distance avec des moyens optiques puissants2 et des liaisons filaires est jugée hasardeuse. Aussi renonce-t-on à développer de tels équipements, qui permettraient de tirer au-delà de cinq à six kilomètres. Les artilleurs estiment que cela apporterait beaucoup de complications pour un gain illusoire, du fait d’un manque de précision prévisible. Les partisans de l’offensive à outrance sont convaincus qu’une pièce unique, comme le canon de 75 mm, permettra de gagner en simplicité et en efficacité ; le service des armes sera plus aisé pour des appelés qu’ils jugent peu à même d’effectuer des tâches complexes3. Le ravitaillement et le maintien en condition seront également facilités. Ainsi équipée, l’artillerie de campagne remplira les conditions requises par la conduite des opérations, rapides et décisives, qui doivent amener la victoire en une ou deux batailles4.

Mais la manière dont la guerre et l’emploi de l’artillerie sont envisagés ne se répercute pas seulement sur les types de pièces mises en service. La brièveté du conflit escomptée amène le commandement à considérer que la production se limitera au remplacement du matériel hors d’usage et que les stocks de munitions constitués avant d’entrer en campagne suffiront. Les usines d’armement pourront donc fermer leurs portes ou fonctionner au ralenti, avec un effectif réduit de onze mille ouvriers au lieu de quarante-cinq ou cinquante mille5. Ils participeront ainsi massivement à l’effort de mobilisation, jugé indispensable pour l’emporter.

Lorsque la guerre éclate, les normes retenues ont immédiatement de graves conséquences sur le déroulement des opérations. Le choix d’une pièce française de campagne unique permet en effet à l’artillerie semi-lourde allemande (de 105 et 150 mm) de bombarder les batteries françaises sans qu’elles puissent riposter, tandis que l’absence d’observation à distance et de liaison filaire fait obstacle à leur participation au combat interarmes, pourtant considéré comme la condition sine qua non de l’offensive à outrance. Quant à la priorité donnée à la qualité sur la quantité6, dont la direction de l’artillerie, en charge de la production d’armement, a du mal à se départir, elle conduit rapidement à une pénurie de munitions à des moments cruciaux des opérations, comme pendant la bataille de la Marne, tandis que l’on ne parvient plus à remplacer les canons de 75 hors d’usage. Ces échecs sont suivis d’un enlisement des opérations, dont les armées ont la plus grande peine à sortir du fait des contraintes imposées par les normes d’avant-guerre. La crise des éclatements des canons de 75, en 1915, constitue un bon exemple des problèmes posés par la redéfinition des normes en vue de la production d’obus en grandes quantités.

Avant même que la guerre ne débute, une prise de conscience avait eu lieu sur la nécessité de disposer de pièces d’artillerie de modèles différents. Mais pour que l’industrie se mette en marche et que la production soit normée, encore faudrait-il être fixé sur la durée d’un conflit dont la fin, régulièrement annoncée, est sans cesse reportée à la prochaine offensive décisive.

  • L’effet bénéfique de la perspective d’une guerre longue

Ce n’est qu’après le sanglant échec de l’offensive Nivelle d’avril-mai 1917 que le haut commandement renonce à « envisager, pour le moment, la rupture du front suivie de l’exploitation stratégique »7. L’industrie, qui dépend désormais du ministère des Armements, créé fin 1916, peut enfin se mettre réellement en ordre de bataille pour produire en série. Une coopération fructueuse s’instaure désormais entre les traditions techniques des établissements militaires, avec leurs exigences d’interchangeabilité, et celles des établissements privés, qui rationalisent le travail et son organisation afin de permettre la production de masse8.

Des performances étonnantes sont alors accomplies par différentes sociétés, dont Citroën ou Renault. À partir de mai 1918, la cadence de production des Renault FT est telle qu’un bataillon de quarante-cinq chars peut être mis sur pied chaque semaine9 et à la fin de la guerre, plus de trois mille cinq cents unités ont été livrées. Les capacités industrielles de la France sont désormais telles qu’elle devient l’arsenal des Alliés. Elle arme notamment les forces expéditionnaires des États-Unis avec mille huit cent soixante et onze canons de 75 mm, neuf cent quatre-ving-six pièces de 155 mm, deux cent quarante chars FT et deux mille six cent soixante-dix-huit avions équipés, pour ne mentionner que l’essentiel des livraisons10.

Là où les Européens ont tâtonné, les Américains ont cru pouvoir aller très vite grâce à une division du travail particulièrement poussée, destinée à limiter le temps de fabrication des pièces alimentant les chaînes d’assemblage. Il en est résulté une spécialisation pouvant amener une entreprise à n’usiner qu’une seule pièce, avec une précision la dispensant de tout travail d’ajustage, à l’inverse de ce qui se faisait en France. Mais cette division du travail a eu pour contrepartie la nécessité de recourir à un grand nombre d’entreprises pour la fabrication d’un matériel spécifique11. Aussi a-t-elle bientôt posé des problèmes d’organisation et de coordination, si bien qu’au printemps 1918, les États-Unis ne produisent toujours pas d’armes en quantité alors que leurs troupes arrivent en masse sur le continent. La situation est telle que des officiers d’état-major français en mission aux États-Unis les aident dans l’organisation de leur industrie de guerre12.

La division du travail poussée à l’extrême, grâce à des normes d’une grande précision, ne paraît donc pas constituer une bonne solution pour fournir aux armées le matériel dont elles ont besoin. Dans la seconde moitié des années 1930, c’est apparemment parce qu’ils renoncent précisément à cette solution que les Allemands parviennent à équiper rapidement la Wehrmacht.

  • La réussite à court terme de l’improvisation allemande

À l’époque, Hitler envisage un début des hostilités à l’« horizon 1943-1945 », alors que le « réarmement » sera « presque terminé »13. L’outil militaire allemand doit être apte à mener une guerre de mouvement rapide. Toutefois, contrairement à la France de 1914, le IIIe Reich ne place pas la solution dans une arme « miracle » comme le canon de 75. Le char, sur lequel il mise, n’est pas censé agir de manière isolée, mais dans le cadre d’unités interarmes manœuvrières, dotées de moyens nombreux et complémentaires14.

L’industrie d’armement doit donc tenir compte des normes nombreuses et exigeantes, fixées par les chefs militaires. Mais le souci d’excellence de ceux-ci entrave la production de masse, qui est pour eux synonyme de mauvaise qualité. La situation des industriels vis-à-vis du commandement est d’autant plus difficile qu’il est directement subordonné au Führer. À cela s’ajoute l’impatience du régime, désireux de voir les entreprises équiper rapidement l’armée, alors qu’elles ont cessé la production d’armements en 1918. La situation n’est donc guère compatible avec une organisation « en profondeur » de l’industrie de guerre15. La méfiance d’Hitler vis-à-vis de toute concentration des pouvoirs y fait d’ailleurs obstacle et favorise l’apparition de structures peu efficaces, de type féodal. Quelques usines gigantesques sont bien construites, comme celle de Volkswagen à Wolfsburg, mais les exigences des militaires amènent une sous-utilisation de leur potentiel. La capacité d’adaptation des entreprises et de leur personnel rend néanmoins possible l’équipement de la Wehrmacht avec un matériel suffisant pour qu’elle ait l’avantage sur la France, qui a effectué d’autres choix, en 1940.

Alors que le IIIe Reich a pris le parti d’un réarmement rapide, qui rend possible une diplomatie agressive et qui doit lui permettre de prendre l’initiative des opérations, la France, elle, a renoncé à son attitude offensive de 1914. Tirant les enseignements de la Grande Guerre, elle envisage de monter en puissance à l’abri de la ligne Maginot, tandis que l’Allemagne, étranglée par le blocus allié, s’affaiblira. Une fois la supériorité matérielle acquise, Français et Britanniques pourront passer à l’offensive.

Suivant cette logique, l’industrie de guerre française s’organise pour la production en grandes séries que l’Allemagne n’a pas tentée. Mais il faut attendre juillet 1938 pour que la loi sur l’« organisation du pays en temps de guerre » soit votée, et septembre 1939 pour qu’un ministère de l’Armement soit recréé. Les résultats sont néanmoins spectaculaires. Des milliers de chars et d’avions sont produits16. Cependant, l’effort entrepris intervient trop tard compte tenu de la tournure prise par les opérations.

De fait, l’industrie d’armement a perdu un temps précieux à la suite du travail de remise en ordre rendu nécessaire par la vétusté des équipements – les machines-outils ont vingt ans d’âge contre sept en Allemagne. Elle a en outre souffert des restrictions budgétaires du début des années 1930, et été entravée par les normes imposées par la conférence mondiale du désarmement de 193217. Quant à celles définies par un commandement perfectionniste, elles ont amené la multiplication des prototypes, sans que les modèles entrant en service soient toujours satisfaisants. Donnant la priorité à la sûreté et à la protection ainsi qu’à la puissance de feu, elles ont, par exemple, empêché la réalisation de chars pourvus de tourelles multiplaces fonctionnelles18 – elles auraient été trop lourdes pour pouvoir pivoter19. Elles ont également fait obstacle à l’équipement des véhicules en postes radiophoniques. En conséquence, l’armée française n’est pas au rendez-vous en 1939-1940, en dépit d’efforts qui auraient pu aboutir sans l’effondrement de mai-juin 1940.

La demi-improvisation allemande a finalement été payante et continue à l’être jusqu’à l’été 1941, comme en témoignent les succès spectaculaires qui sont alors remportés en Russie. Mais la perspective d’une victoire prochaine a amené les instances militaires chargées de l’armement à se satisfaire du matériel, très divers, produit en petites séries par des entreprises qui se préparent déjà à l’après-guerre20. Aussi, une « accélération » de la production est « manquée »21 par le IIIe Reich au moment même où une formidable coalition, mobilisant d’immenses ressources, se met en place contre lui.

  • La victoire de l’approche méthodique des Alliés

L’Allemagne est rapidement dépassée par les Alliés, qui ont misé sur une production de masse, facilitée par l’adoption de normes obéissant souvent davantage aux exigences de la production en série qu’à des nécessités purement opérationnelles. C’est le cas des Soviétiques, qui, dès 192822, ont opté pour une planification centralisée qui facilite l’imposition de normes strictes concernant le nombre des modèles de chars, de canons, d’avions devant être produits. La logique de production l’emporte également en partie sur la logique opérationnelle dans la définition des normes relatives aux matériels pris individuellement. L’ergonomie et certains perfectionnements sont ainsi mis de côté pour favoriser la production de masse. Le nombre de pièces usinées, nécessitant des opérations précises, est réduit au profit de pièces forgées, plus faciles à produire et plus robustes. Pour certaines composantes, comme les tourelles de chars, l’emboutissage avec des presses géantes est préféré au coulage de l’acier.

Les résultats obtenus sont impressionnants. Dès 1942, ils dépassent ceux de l’Allemagne, entrée en guerre deux ans plus tôt, dans le domaine des chars et des canons notamment. Il en est ainsi du T34, le plus produit durant la Seconde Guerre mondiale, avec plus de cinquante mille exemplaires contre huit mille cinq cents Panzer iv, son homologue allemand. Ces performances sont obtenues malgré la perte du bassin industriel du Donets et le repli, dans l’urgence, des usines d’armement au pied des monts Oural. Finalement, « la production de l’économie russe surpasse celle de l’économie allemande à partir de ressources beaucoup plus restreintes et avec une main-d’œuvre bien moins qualifiée »23.

Mais les efforts soviétiques auraient été vains sans l’aide précieuse reçue des États-Unis, dans le domaine des transports et des liaisons notamment avec quatre cent vingt-sept mille camions ainsi qu’une multitude d’appareils radios et de téléphones de campagne24. Tirant les enseignements de la Première Guerre mondiale, ceux-ci ont pris le temps de s’organiser avant d’entrer en guerre, en décembre 1941. Ils ont ainsi créé des agences chargées de superviser la production de guerre et la gestion des ressources, auxquelles succède le War Production Board en janvier 1942. Les commandes passées par les Franco-Britanniques dès 1940 les ont largement aidés dans leur entreprise.

Poussées à l’extrême, la concentration des moyens de production, dans d’immenses usines, et la division du travail leur permettent d’augmenter la vitesse de fabrication des armements de manière stupéfiante. C’est ainsi qu’en 1944, un bombardier quadrimoteur B24 Liberator sort toutes les vingt-trois minutes, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de l’usine géante construite par Ford à Willow Run, sur les bords du lac Michigan. Chaque B24 nécessite l’assemblage de trente mille pièces, elles-mêmes composées d’un million cinq cent mille éléments distincts25. La production de guerre américaine obéit par ailleurs à des normes précises, définies pour permettre aux entreprises de se concentrer sur quelques modèles ayant le maximum de parties communes26.

Les efforts de rationalisation de la production d’armements consentis par l’Allemagne à partir de 1942, avec la nomination d’Albert Speer à la tête du ministère de l’Armement, permettent de mettre fin à la dispersion, qui avait atteint des sommets avec quatre cent vingt-cinq modèles et variantes d’avions et cent cinquante et un modèles de camions27. Des résultats étonnants sont alors obtenus. Mais ils ne permettent pas pour autant de rattraper le retard pris sur les Alliés, sur les États-Unis notamment, dont les ouvriers ont une productivité deux fois supérieure à celle des Allemands28. Ils le permettent d’autant moins que les efforts de Speer se heurtent au désir d’Hitler de placer la solution dans des « armes miracle »29, à l’efficacité souvent douteuse, qui s’accroît à proportion de la perte d’initiative de la Wehrmacht sur les différents théâtres d’opérations.

En complète opposition avec les choix des années 1930 et des premières années de guerre, le parti pris d’Hitler entraîne une déperdition d’énergie considérable et aboutit à des projets irréalistes30. Il complique en même temps singulièrement les efforts de rationalisation de la production, comme en témoigne l’échec de la E-Serie31 lancée en avril 1943. Destinée à remplacer le parc hétéroclite de chars existants par des modèles utilisant des pièces standardisées, elle comptait six classes de chars et chasseurs de chars, pesant respectivement cinq, dix, vingt-cinq, cinquante, soixante-quinze et cent tonnes, dont les deux dernières n’étaient guère viables32, là où les Américains se contentaient de trois types d’engins33.

  • Conclusion

De ce survol des deux guerres mondiales, il ressort que les normes définies par le commandement ne peuvent répondre aux besoins des armées sans une claire vision des besoins à satisfaire pour faire face à la situation du moment, ni sans tenir compte des capacités de l’outil industriel. Outre leurs conséquences immédiates sur le cours des opérations, des normes inappropriées peuvent causer des problèmes qu’il est ensuite difficile de résoudre, compte tenu de la complexité croissante de la production des armements. Dans de telles conditions, les politiques à court terme, sous-tendues par le désir de plaire, sont particulièrement dangereuses. À l’instar de la France du début des années 1930, elles amènent les États à se désarmer pour réaliser des économies ou pour toucher d’illusoires « dividendes de la paix », puis à prendre soudain des postures pour lesquelles elles ne disposent plus des moyens militaires nécessaires.

Les politiques à court terme sont d’autant plus néfastes qu’elles favorisent la subordination de l’histoire aux préoccupations du moment et interdisent, par le fait même, que l’on se penche sur les causes des désastres passés. Pour porter ses fruits, la définition de normes adaptées en matière d’armement doit s’inscrire dans la durée. Elle nécessite donc d’être opérée dans le cadre d’une politique prenant en compte les intérêts à long terme des pays concernés. Il s’agit sans doute d’un exercice plus difficile que jamais du fait de la complexité croissante du monde et du caractère de plus en plus multiforme de la menace.


1Le plan xvii. Étude stratégique, Paris, Payot, 1920, p. 41.

2Comme des binoculaires.

3Voir général R. Alexandre, Avec Joffre, d’Agadir à Verdun. Souvenirs 1911-1916, Paris, Berger-Levrault, 1932.

4Voir commandant Mordacq, La Durée de la prochaine guerre, Paris/Nancy, Berger-Levrault, 1912.

5Voir H. Bonin, « La montée en puissance de la machine de guerre industrielle : vers une économie mixte (1914-1919) », Guerres mondiales et conflits contemporains n° 263, 2016/3, p. 127.

6Conforme aux traditions de l’industrie d’armement française.

7Directive n° 1 du général Pétain, du 19 mai 1917.

8Voir A. Moutet, « La rencontre des traditions militaires et civiles de rationalisation des armements pendant la Première Guerre mondiale », in D. Pestre (dir.) Deux Siècles d’histoire de l’armement en France, Paris, cnrs, 2005.

9Capitaine Dutil, Les Chars d’assaut. Leur création, leur rôle pendant la guerre, 1915-1918, Paris/Nancy/Strasbourg, Berger-Levrault, 1922, p. 230.

10Lieutenant-colonel Réquin, La Course de l’Amérique à la victoire, Paris, Lavauzelle, 1919, pp. 163-164.

11Ibid.

12Ibid.

13F. Hossbach, Transcription de la conférence d’Hitler du 5 novembre 1937, à Berlin, p. 4.

14Cf. H. Guderian, Erinnerungen eines Soldaten, K. Vowinckel, 1950.

15C’est donc la dispersion des efforts qui prévaut. Exemple du Panzer iii, produit par huit entreprises différentes.

16Au point qu’en mai 1940, la France aligne deux mille neuf cent trente-neuf chars modernes contre deux mille quatre cent trente-neuf Panzer. Voir K. H. Frieser, Le Mythe de la guerre éclair, Paris, Belin, 1995.

17Qui interdit de construire des chars de plus de seize tonnes. Voir T. R. Davies, « France and the World Disarmament Conference », Diplomacy & Statecraft n° 15(04), 2004, pp. 765-780.

18Comme celles qui équipaient les chars allemands et qui ont fait la différence.

19Voir général Bruneau, « Audition du 6 juillet 1948 », in C. Serre, Rapport fait au nom de la commission chargée d’enquête sur les événements survenus en France de 1933 à 1945, t. 5, p. 1186.

20Voir R.-D. Müller, « Albert Speer und die Rüstungspolitik im Totalen Krieg », in mgfa, Das Deutsche Reich und die Zweite Weltkrieg, 5/2, Stuttgart, Deutsche Verlag-Anstalt,1999, pp. 676-677.

21Ibid., p. 676.

22Avec le premier plan quinquennal.

23R. Overy, Why the Allies won, London, Pimlico, 2006, p. 224.

24P. Masson, Une guerre totale, 1939-1945, Paris, Tallandier, 1990, p. 418.

25R. Overy, op. cit, pp. 241-242.

26Exemple des nombreux engins utilisant le châssis du char Sherman, qu’il s’agisse de canons automoteurs, de chasseurs de chars Tank Destroyer ou de chars de dépannage.

27R. Overy, op. cit., p. 247.

28Ibid., p. 241.

29Avions à réaction, fusées, nouveaux modèles de sous-marins…

30Comme le char Maus de 160 tonnes.

31Entwicklungsserie ou série de prototypes.

32Surconsommation en carburant, tonnage et gabarit excessifs compliquant les déplacements.

33Char léger Stuart, char moyen Sherman et Tank Destroyer.

Culture et normes dans la guer... | B. Heuser
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