Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°17 | Hommes et femmes, frères d’armes ?

Erwin Rommel
La Guerre sans haine
Préface de Maurice Vaïsse
Erwin Rommel, La Guerre sans haine, Nouveau Monde éditions

Chaque époque a ses généraux d’épopée. Rommel est celui de l’Allemagne nazie. Plutôt que la lecture de ses nombreuses biographies, toujours suspectes de parti pris idéologique, qui passe de l’hagiographie du « renard du désert » admiré par Montgomery, méprisé par les généraux d’Hitler, au procès du criminel de guerre selon les versions les plus récentes, la lecture de ses carnets comme retour aux sources est passionnante. Peu d’officiers ont tenu des carnets aussi précis de leur action victorieuse et de leur défaite. Le lecteur est tenu en haleine, le long des quatre cent soixante pages. La première partie est éprouvante pour un lecteur français qui assiste, incrédule, aux avancées fulgurantes en mai 1940 d’un général de régiment de chars qui n’écoute pas ses supérieurs et fonce à 70 km/h vers la Manche sans rencontrer de vraie résistance. Il s’étonne lui-même de sa vitesse, surprend les populations françaises qui n’en croient pas leurs yeux (certains prennent ces chars pour des tanks anglais…). Des colonnes d’infanterie françaises le croisent, totalement surprises par sa présence, et sont capturées sans combat. De temps à autre pourtant, une niche de résistance inflige des pertes lourdes à ses troupes.

Les deuxième et troisième parties évoquent l’aventure de l’Afrika Corps, la première phase est glorieuse, la seconde plus désespérée. Ses plaintes concernent les faiblesses de l’approvisionnement en essence et en munitions qui témoignent, selon lui, de l’incompréhension de l’état-major allemand à son égard. Ses carnets, truffés de détails dans lesquels on se perd un peu, se lisent avec un sentiment étrange sur sa lucidité, son admiration pour les troupes britanniques. Grand tacticien ou grand stratège, le lecteur hésite à se faire une opinion réelle. Une grande fresque guerrière aussi rare que passionnante.

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