Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°33 | L'Europe contre la guerre

Frédéric Chamaud et Pierre Santoni
L’Ultime champ de bataille
Combattre et vaincre en ville
Frédéric Chamaud et Pierre Santoni, L’Ultime champ de bataille, Éditions Pierre de Taillac

Pendant des siècles, les armées sont « entrées en campagne », généralement à la belle saison et souvent en évitant les massifs forestiers ou montagneux. Dans cet ouvrage didactique et facile à lire, les deux auteurs nous font partager leurs analyses, à partir d’une succession de cas concrets historiques, sur cette forme nouvelle de conflit : le combat en zone urbaine. Après avoir clairement fixé la différence avec la guerre de siège, ils définissent la bataille de Madrid, pendant la guerre d’Espagne, comme celle qui voit « s’affronter au sein de la même ville, et pour la première fois à une grande échelle, les unités d’infanterie, de chars, du génie, appuyées au plus près par l’artillerie et l’aviation. Elle est de ce point de vue la première des batailles modernes en zone urbaine et confinée ». Ils affirment d’ailleurs que « la zone urbaine est le dernier endroit où l’on manœuvre encore au xxie siècle du fait de son pouvoir égalisateur de technologie ». Au fil des chapitres, ils détaillent une quinzaine d’exemples du xxe et du début du xxie siècle, y compris Grozny et Fallouja bien sûr, mais aussi Hué, Beyrouth ou Sarajevo. Ils modulent d’ailleurs l’approche de la bataille de Stalingrad, dont ils rappellent qu’il s’agit aussi « davantage d’une opération en zone ouverte dans le plus pur style classique qui a donné la victoire à l’Armée Rouge ». Ils n’oublient pas des exemples pour nous un peu atypiques, mais riches d’enseignements, comme l’Irlande du Nord, qui exige un très important effort d’adaptation matérielle et doctrinale de l’armée britannique, ou le Kosovo, avec « un cas particulier d’émeutes urbaines maintenues à un faible niveau de violence sur la durée : Mitrovica (1999-2009) ». On apprécie les cartes très lisibles (voire simplifiées à l’extrême) et la bibliographie indicative finale permet de poursuivre la réflexion avec de nombreuses et utiles références. Un volume qui ne prétend pas apporter une vérité, mais qui est absolument indispensable pour quiconque s’intéresse aux conflits récents et aux principes de la guerre.

PTE

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