N°57 | La norme

Patrick Clervoy
Frères d’armes
Médecin militaire en opérations extérieures
Paris, Odile Jacob, 2024
Patrick Clervoy, Frères d’armes, Odile Jacob

Une carrière militaire est à la fois une succession et une accumulation d’expériences, des actes et des rencontres quotidiennes, avec de véritables pics lors des engagements en opérations extérieures. Durant plusieurs mois, déraciné de son quotidien, projeté à des centaines ou des milliers de kilomètres de chez lui sur un autre continent, le soldat s’immerge dans une société et une culture bien différentes des siennes. À cela s’ajoutent les périls de la mission, pas uniquement celui du combat, mais également ceux de l’accident, de la maladie, du mal du pays. Médecin militaire formé à l’École de santé navale de Bordeaux (aujourd’hui dissoute), Patrick Clervoy soigne à la fois les corps et les âmes. Durant sa carrière, il a été engagé dans les principales opex menées par l’armée française : ex-Yougoslavie, Afghanistan, Mali… Après Les Psy en intervention (2009), Dix Semaines à Kaboul. Chroniques d’un médecin militaire (2012) et Au bord du monde. Journal d’un médecin militaire en Afghanistan (roman graphique réalisé avec Samuel Figuière, 2019), il publie aujourd’hui Frères d’armes. Médecin militaire en opérations extérieures, un récit dans lequel le lecteur peut suivre sa carrière, de jeune médecin tout frais émoulu de son école à chef de service reconnu et expérimenté, et ses engagements. Sa spécialisation en médecine psychiatrique l’amène à resserrer la focale de son récit vers ce qui frappe les âmes des soldats. Chapitre après chapitre, il raconte son rôle auprès des soldats, mais aussi des populations locales. Tout en retenue, mais sans rien cacher des blessures et des traumatismes, il dit la réalité de la guerre. Et donne à comprendre ce que sont le devoir, l’engagement, le dévouement, le courage… vertus qui animent les soldats. Un bel hommage à la fraternité qui unit ceux-ci : « Face au chaos les hommes tissent des liens. Ils répondent à la détresse par un comportement que je place au-dessus de tous les autres : la fraternité. J’ai observé les soldats à l’ouvrage, […] les élans de dévouement lorsque les épreuves les mettaient face à des personnes en détresse. […] J’ai vu des jeunes, d’origine africaine, asiatique, maghrébine, de culture et de religion différentes, croire aux mêmes valeurs, s’exposer au danger et s’unir sous une même bannière pour porter assistance à leurs frères d’armes. Cet inépuisable dévouement m’inspire une profonde affection et un attachement. Le souvenir de leur personnalité me touche encore et me console. Je considère comme un privilège d’avoir partagé avec eux ces moments particuliers. »


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