Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

Exceptionnelle biographie d’un personnage dont le nom est bien connu, mais dont la réalité du parcours et encore plus la personnalité sont très largement ignorées. À partir d’une thèse brillante, plusieurs fois primée, Thomas Vaisset nous offre un ouvrage passionnant. Que l’on aime ou que l’on n’aime pas l’amiral Thierry d’Argenlieu, et en particulier son rôle en Indochine, il est indispensable de le connaître. La personnalité, à bien des égards déchirée, de ce marin très tôt attiré par l’Église, issu d’un milieu militaire et marin catholique pratiquant, est visiblement beaucoup plus complexe que la doxa généralement répétée ne le laisse entendre. Son approche comme marin de la Grande Guerre est intéressante, mais son entrée au Carmel à l’issue du conflit ne pose pas moins de questions, même si Thomas Vaisset s’efforce d’y répondre avec beaucoup de finesse. En 1940, il « entre en gaullisme » comme on entre dans les ordres, et son parcours pendant la Seconde Guerre mondiale est exemplaire. Chancelier de l’ordre de la Libération, ce qui est particulièrement significatif, il est nommé à l’été 1945 haut-commissaire en Indochine, où la France doit retrouver son ancienne place après le coup de force japonais de mars, l’émergence du pouvoir national-communiste sur fond de lutte entre mouvements nationalistes et l’occupation anglo-chinoise. Les pages consacrées à ces épisodes sont éclairantes par la précision et la diversité des sources auxquelles il fait référence et la qualité de la démonstration, à laquelle on peut bien sûr ne pas adhérer, mais qui reste dès à présent un élément important de l’historiographie. Les dernières semaines de 1946 et les premiers jours de 1947 forment une sorte de psychodrame, dont le détail nous est livré, et se soldent par un retour définitif au Carmel, l’amiral Thierry d’Argenlieu redevient Louis de la Trinité, même s’il conserve ponctuellement une présence politique et militaire à l’occasion de grandes manifestations gaullistes.

PTE

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