Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°31 | Violence totale

Ariane Boltanski, Yann Lagadec et Franck Mercier (dir.)
La Bataille
Du fait d’armes au combat idéologique
Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015
Ariane Boltanski, Yann Lagadec et Franck Mercier (dir.), La Bataille, Presses universitaires de Rennes

Revisiter l’histoire-bataille, ouvrir de nouvelles pistes sans renoncer aux fondamentaux, prendre en compte les recompositions mémorielles ultérieures, élargir la réflexion aux a priori et aux usages politiques : autant de thèmes abordés dans ce volume par les dix-sept contributeurs qui présentent de façon souvent très renouvelée autant d’engagements guerriers d’Hastings à Leipzig. En abordant ainsi ces batailles du passé, les auteurs peuvent présenter de nouvelles réflexions et n’en évoquer que marginalement d’autres plus classiques sans susciter de débats épidermiques entre tenants de telle thèse ou de telle école. L’ouvrage est donc particulièrement riche, d’autant que certains affrontements sont peu présents dans l’historiographie générale : par exemple « Ravenne, 11 avril 1512 : la première bataille moderne ? », par Jean-Louis Fournel, ou « La prise de Cordoba de Calchaqui, décembre 1562. Émergence d’un ennemi intérieur indien », de Christophe Guidicelli. Qui se souvient de la bataille du Cap Béveziers, en 1690, alors qu’elle « fut l’une des plus grandes victoires navales jamais remportées par la marine française sur sa grande rivale anglaise » ? Et pourtant, cet événement permet à Alan James de présenter un long développement sur les notions de défaite et de victoire. De même, à partir de l’exemple de « la bataille des cardinaux », en novembre 1759, Olivier Chaline tente d’identifier, de déterminer, de préciser, comment les acteurs et les témoins, dès les derniers moments du combat, s’efforcent d’en écrire l’histoire. En résumé, un volume passionnant, et pas seulement pour ceux qui s’intéressent aux conflits du xxe siècle. D’ailleurs, la conclusion souligne l’importance du contexte d’une bataille, et en particulier la notion de « campagne » sur laquelle il y aurait sans doute à travailler davantage.

PTE

Les Ressorts de la violence | Russell Jacoby
Régis Boyer | Les Vikings