Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°29 | Résister

Entretien avec Guillaume Zeller
Christian Venard
Un prêtre à la guerre
Paris, Tallandier, 2014
Entretien avec Guillaume Zeller, Christian Venard, Tallandier

Les premiers aumôniers étaient des clercs détachés de leurs missions paroissiales pour exercer la fonction spécifique de distribuer les aumônes des princes et des rois qu’ils accompagnaient. Cette fonction les amena à suivre ceux-ci dans les guerres qu’ils livraient. Dès 742, le concile de Ratisbonne autorisa ces clercs à porter des armes lorsqu’ils accompagnaient les armées. Ce fut la naissance des aumôniers militaires. L’abbé Georges Hénocque, celui que les poilus désignaient comme « l’As des aumôniers », celui qui, à plus de soixante-quinze ans, survécut à la déportation à Buchenwald puis à Dachau, avait en 1939 commencé à rédiger leur histoire. Un livre qui déroule, de Roncevaux à la Grande Guerre, l’œuvre magnifique des « prêtres-soldats » de nos armées. Cette œuvre continue à s’écrire. En 2013, dans son ouvrage Dieu désarmé, le père Richard Kalka avait livré ses souvenirs de vingt-sept années de campagnes auprès des militaires français. Fin 2014, Christian Venard nous offre de partager son expérience dans une longue et intense confidence recueillie par Guillaume Zeller. Comment Christian Venard en est-il venu à devenir Padre au sein de la brigade parachutiste ? Il raconte son parcours, avec humilité et ferveur, dans un langage clair. Il nous invite à découvrir son univers, doublement méconnu du grand public, parce que c’est l’univers conjugué de l’armée et de l’Église. De la maison familiale de la Vienne aux coulisses du Vatican, puis son engagement militaire, ses premiers sauts en parachute, sa présence religieuse et fraternelle auprès des soldats français lors des diverses missions au Kosovo, dans les vallées afghanes, en Côte d’Ivoire, au Liban, au Mali et, enfin, l’expérience terrible à Montauban, au sein d’un régiment endeuillé par la mort des militaires abattus froidement, dans le dos, par Mohamed Merah. C’est son regard sur le monde actuel, un regard lucide, engagé, pétri d’espérance. Des confidences qui nous touchent parce que les questions qu’il se pose sont les questions cruciales de notre temps.


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Collectif | Les Harkis