Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°26 | Le patriotisme

François Cochet
La Grande Guerre
Fin d’un monde, début d’un siècle
Paris, Perrin, 2013
François Cochet, La Grande Guerre, Perrin

Dense et fortement documentée, cette uchronie est écrite néanmoins dans un style accessible. Deux manières de la lire peuvent être retenues : au fil du texte comme une fiction politique et historique, en se laissant porter par le récit, ou en s’appuyant sur une documentation solide pour suivre et comprendre la totalité de cette création et la qualité des références, en particulier dans le monde politique, tant français que chez nos alliés ou ennemis de l’époque. S’adressant plutôt à des amateurs éclairés, cette histoire revisitée aborde non seulement les sujets militaires, mais aussi économiques, industriels, commerciaux, politiques et institutionnels posés par l’établissement du gouvernement français à Alger et par le maintien dans la guerre de l’armée française, en particulier sa Marine et une partie de son aviation. Non dénuée d’humour dans ses nominations (la redistribution des rôles peut parfois faire sourire) ou dans certaines références au futur (qui est notre passé), elle paraît plausible même si l’option choisie paraît quelque peu optimiste ! Certains esprits critiques pourront, par ailleurs, y trouver, à travers les failles soulignées du système de l’époque, des parallèles intéressants avec notre actualité… Aucune erreur technique ne vient ternir cet ouvrage très complet. La connaissance des matériels de l’époque, des interactions économiques internationales (le financement d’usines d’aviation et de matériels militaires par la France aux États-Unis par exemple), des capacités respectives des marines ou des aviations impliquées rend ce travail particulièrement intéressant. Tant pis si nos élites en prennent pour leur grade ! Se terminant le 31 décembre 1940, la suite promet des développements captivants, s’écartant au fil du temps de la réalité connue. La part d’imagination sera un piment intéressant… Une petite critique cependant : une comparaison entre la situation réelle fin 1940 et celle du livre, agrémentée d’un tableau récapitulatif, permettrait de conclure cette étape avec des idées claires, en particulier pour les non-initiés.

PTE

La Campagne de France, 1814 | Yves Jégo