« La guerre est venue… lourde chape de nuages et d’obscurité, lourde chape d’angoisse et de souffrance. D’abord, ce fut le crépuscule… puis la nuit. Je songe à ces mots dramatiques qu’on lit dans l’Évangile lorsque va s’ouvrir la Passion du Seigneur : Venit Nox. La nuit vient. Avec le crépuscule, les objets familiers s’estompent, perdent leur relief, leur contour. Ils semblent s’éloigner et se déformer. Une confuse clarté subsiste cependant. Dans mes souvenirs revivent les semaines de mai, après l’attaque foudroyante dans l’ouest des armées allemandes. […] Bientôt l’inquiétude s’éveilla. Sans vouloir juger encore, on ne voyait pas clair, on ne comprenait pas. Un malaise pénible gagnait le grand public. Les ombres s’amoncelaient sur nos cœurs, en un tragique contraste avec la rageuse clarté d’un exceptionnel printemps. C’est à travers une France baignée de lumière que déferlèrent les colonnes motorisées de l’envahisseur. […] Après Dunkerque, les ombres du crépuscule se faisaient plus denses, la nuit se levait mystérieusement angoissante. […] Le désastre militaire s’étendait sur la France comme un immense voile de deuil. La nuit se faisait plus sombre. Pourtant lorsqu’une armée est contrainte de céder sous le poids des forces adverses, écrasantes par leur nombre et leur armement, il lui reste – étoile palpitante dans la nuit – la résolution de tomber les armes à la main, face au vainqueur. […] Le lundi 17 juin, le maréchal Pétain, qui venait, malgré son âge, d’assumer la responsabilité de gouverner le pays, annonçait sa décision d’engager des pourparlers avec l’ennemi, son désir de voir le combat cesser. La nuit qui enveloppait la France se fit plus noire encore. Au ciel, les dernières étoiles s’éteignirent… […] Je pense en plus aux cruelles ténèbres qui menacent d’envelopper l’âme de nos petits enfants, de nos petits gars de France, qu’une habile et criminelle propagande cherche à rallier à la mystique nazie. […] Il fait nuit sur la France1 ! »
Tirés d’une allocution intitulée « Nuit sur la France », ces mots sont ceux que le futur amiral Georges Thierry d’Argenlieu (1889-1964) prononce au Canada, en avril 1941, pour présenter la France libre. L’omniprésence du champ lexical de la nuit pour évoquer la situation de la France après la débâcle du printemps 1940 n’est en rien exceptionnelle. De nombreux résistants, de l’intérieur comme de l’extérieur, y ont en effet eu recours, pendant et après la guerre, pour qualifier le contexte de leur engagement et de leurs combats contre l’occupant nazi et ses supplétifs français. Le 18 juin 1943, Pierre Brossolette parle ainsi de « la nuit du martyre et de la captivité »2, tandis que le général de Gaulle annonce dans un discours radiodiffusé, le 14 octobre 1944, que « nous voici sortis de la nuit »3. Quant aux mémoires publiés par la suite, mentionnons seulement ici La Nuit finira ou Volontaires pour la nuit d’Henri Frenay, Victoire sur la nuit de Louis Joxe ou Écrit dans la nuit de Jean Texcier4. Autant d’écrits qui ont contribué à la cristallisation du chrononyme des « années noires » pour qualifier la période5.
Sous la plume de celui qui est alors chancelier de l’ordre de la Libération nouvellement créé, le procédé rhétorique prend néanmoins une dimension singulière. Pierre-Olivier Lapie, ancien député du Front populaire rallié à la France libre dès l’été 1940, qui le rencontre quelques semaines après l’armistice, ne s’y trompe pas quand il note que d’Argenlieu « transposa, dans ces années tragiques, sa mystique sur la France »6. Officier de Marine, l’homme est également en religion le père Louis de la Trinité de l’ordre des carmes déchaux. Vicaire provincial de la province carmélitaine de Paris à la veille de la guerre, il est alors l’un des plus fins connaisseurs de Jean de la Croix7, le grand saint mystique du Carmel, et de son poème La noche oscura.
Cet article entend étudier la manière dont les travaux menés par Louis de la Trinité sur la pensée de saint Jean de la Croix influencent la vision que l’amiral Georges Thierry d’Argenlieu se fait de la campagne de France et de la débâcle. Son appréhension de la situation de la France en juin 1940, empreinte de « la nuit obscure », est en effet l’un des ressorts qui contribuent à expliquer sa décision d’entrer en résistance aux côtés du général de Gaulle, dont il devient par la suite un incontournable Compagnon.
- Un ancien officier de Marine spécialiste
de saint Jean de la Croix
Comprendre comment cet officier de Marine est devenu l’un des grands spécialistes français de saint Jean de la Croix implique de revenir brièvement sur un parcours qui mêle intimement l’ancre et la croix.
Entré à l’École navale en 1906, Georges d’Argenlieu sert d’abord au Maroc où il fait la connaissance de Lyautey, dont la personnalité va durablement l’influencer. La Grande Guerre le surprend « sur le chemin du cloître », comme il l’écrit dans ses carnets, trois semaines seulement après avoir pris la décision d’abandonner le monde pour répondre à sa vocation religieuse8. Il participe néanmoins pendant quatre ans à la guerre navale en Méditerranée. En 1919, après un « interminable postulat »9, selon une formule qu’il couche dans des souvenirs non publiés, il quitte l’uniforme pour la bure et entre au Carmel. Ordonné en 1925, ce catholique intransigeant, un temps séduit par les thèses de l’Action française, est l’un des principaux artisans du renouveau intellectuel et spirituel des carmes dans l’entre-deux-guerres10.
L’origine des travaux que d’Argenlieu a consacrés à saint Jean de la Croix date du mitan des années 1920, à l’occasion de la préparation, avec le père Bruno de Jésus-Marie, d’un ouvrage destiné à marquer le tricentenaire de la canonisation du mystique espagnol. Un plan en trois parties est décidé et l’ancien marin hérite de celle consacrée au « docteur mystique ». Pour préparer ce travail, il obtient de ses supérieurs l’autorisation de se rendre à Rome afin de dépouiller les archives de la Sacrée Congrégation des rites relatives au procès de béatification de Jean de la Croix. Au cours de ce séjour romain de plusieurs semaines, Louis de la Trinité fréquente assidûment la Bibliothèque vaticane et les archives de la maison généralice. Néanmoins, sans que les raisons en soient connues, l’ouvrage n’aboutit pas sous la forme initialement prévue. Il paraît en 1929, sous la seule signature de Bruno de Jésus-Marie, dans la collection « Le roseau d’or » dirigée par Jacques Maritain. Quant à la partie relative au « docteur mystique », elle est publiée par Louis de la Trinité sous forme d’articles ou de brochures11.
Le séjour romain effectué par d’Argenlieu est également l’occasion pour lui d’étudier les différentes variantes du Cantique spirituel12. Il en tire plusieurs contributions13 fondées sur le dépouillement exhaustif des minutes du procès de canonisation de Jean de la Croix conservées dans les archives de la Sacrée Congrégation des rites. Ces études ont longtemps été considérées comme un passage obligé pour connaître la diffusion des écrits sanjuanistes, car elles réfutent la thèse d’une double rédaction du Cantique spirituel et suggèrent d’attribuer la version B à Thomas de Jésus, un proche de Jean de la Croix14.
Ces travaux témoignent de l’implication totale de Louis de la Trinité dans la vie et le rayonnement de son ordre religieux. L’homme aurait souhaité que la publication des œuvres complètes de saint Jean de la Croix soit le couronnement de ses recherches. Cependant, élu provincial de son ordre en 1932, charge qu’il occupe encore en 1939, il ne peut dégager suffisamment de temps pour s’y consacrer véritablement. Ce travail inachevé est repris pendant la guerre par le père Lucien-Marie de Saint-Joseph, et donne lieu à la publication, en 1947, des Œuvres spirituelles du bienheureux père Jean de la Croix.
- Entre l’ancre et la croix
Mobilisé en 1939, d’Argenlieu va appréhender le conflit à l’aune de considérations spirituelles et d’un patriotisme quasi mystique fondé sur la conviction qu’« aimer sa terre natale, le sol de ses ancêtres, est un devoir sacré, car c’est de notre patrie que nous recevons, sans mérite, les dons les plus précieux »15. Pour lui, comme pour de nombreux autres catholiques, la cause française est parfaitement noble, car elle répond aux critères d’une guerre juste ; l’enjeu du conflit transcende le cadre national. À ses yeux, Hitler, le « pseudo-prophète de l’Allemagne », menace la Chrétienté tout entière16. Les causes de la France et de Dieu se confondent dans la défense de la « civilisation chrétienne magnifiquement vivante »17. Les assauts du néo-paganisme hitlérien lui font redouter « la ruine des valeurs spirituelles, bases de notre civilisation chrétienne, et de la civilisation tout court »18. L’originalité du patriotisme de d’Argenlieu n’est pas tant ce Gesta Dei per Francos, très répandu chez les officiers catholiques, que l’importance prise par la conscience d’une irréductibilité fondamentale entre les valeurs de la France – pour lui, royaume du Très Chrétien – et l’Allemagne nazie, berceau du paganisme hitlérien. Ce conflit n’est pas une simple guerre de défense du territoire, mais une guerre à mort entre deux absolus inconciliables. La victoire est un impératif patriotique assorti d’une nécessité religieuse, car elle « dépend de la vigueur de notre foi dans la patrie, de la fermeté de notre espérance en la patrie, de l’ardeur de notre amour pour la patrie française »19.
La campagne de France est fondamentale pour comprendre la manière dont le provincial des carmes appréhende le conflit. Elle cristallise la mutation de son idée d’une guerre juste à celle d’une croisade. Le capitaine de corvette Thierry d’Argenlieu laisse le père Louis de la Trinité exprimer sa vision d’une lutte eschatologique nourrie de scènes quasi apocalyptiques et dont le texte qui ouvre cet article témoigne. Pour ce spécialiste de saint Jean de la Croix, l’avancée des troupes allemandes assombrit le ciel, la débâcle enténèbre la France et laisse place à la noche oscura. Sa spiritualité sanjuaniste imprègne sa vision du conflit. Elle le renvoie à la nuit, l’une des plus grandes douleurs du Carmel20. Le crépuscule que d’Argenlieu décèle dans la défaite française s’identifie à l’obscurité perçue par les chrétiens comme l’un des signes eschatologiques annonçant la Parousie21. Il pense d’ailleurs que « la France agonise et peut mourir »22.
Toutefois, le père Louis de la Trinité, exégète du « docteur mystique », sait que Jean de la Croix n’assimile pas la nuit à la désolation. Au contraire, elle est expérience de la transcendance divine. C’est la « sèche et obscure nuit de contemplation » sur laquelle il travaillait à la veille de la guerre23. Translumineuse, la nuit sanjuaniste illumine l’âme, la purifie et la conduit à l’union avec Dieu24. Dans un article donné aux Études carmélitaines rappelant la Genèse, il indiquait, en 1937, que la lumière sort des ténèbres25. Pour lui, « la nuit est à l’esprit de l’homme une notion primordiale, à ses sens un phénomène élémentaire »26. En mystique, il écrivait : « Quand tombe la nuit… Non, jamais la nuit ne tombe. Prêtresse ou fée, de noir vêtue mais si belle, la nuit se lève pour enchanter les sens, reposer les esprits, rassasier les cœurs27. »
Il reprend cette idée en 1940 et la relie directement à la France libre, car « pour ceux qui n’étaient point, à cette heure, plongés dans les ténèbres de la défaite, […] des étoiles très hautes brillaient au ciel de France »28. La nuit de 1940 n’est selon lui qu’une étape : « Or, si ténébreuse soit-elle, la nuit n’est qu’un passage, passage du jour qui s’achève au jour qui va se lever. La nuit est obscure et translumineuse à la fois. Nous, Français libres, nous souvenons de ces deux traits caractéristiques de la nuit. Nous croyons, nous sommes sûrs, que cette nuit sur la France n’est qu’un passage. Et nous gardons notre intelligence lucide, notre cœur ferme, nos mains armées, pour la vaincre. Nous dissiperons et vite les ténèbres accumulées. Nous les balaierons et nous les chasserons loin du sol de la patrie, de nos demeures familiales, de notre France passionnément aimée. […] Certitude de la victoire à venir, n’est-ce pas dès maintenant le trait de lumière qui déchire la nuit29 ? »
L’interprétation de la défaite à la lumière de son expérience carmélitaine et de sa spiritualité marquée par saint Jean de la Croix provoque chez d’Argenlieu une inéluctable convergence des domaines spirituel et temporel. L’homme s’est pourtant toujours défendu d’avoir confondu ses deux vocations et n’a eu de cesse de revendiquer leur stricte séparation. À l’automne 1940, il le fait d’ailleurs remarquer au général de Gaulle qui l’a désigné membre du Conseil de défense de l’empire comme « révérend père d’Argenlieu » et non avec son grade d’officier de Marine30. « Si cette mention de mon titre ecclésiastique et religieux est en quelque manière que ce soit utile à la cause de la France libre, je m’en réjouis. J’espère cependant que ma qualité de marin ne sera pas perdue de vue, car c’est en marin que la France m’a mobilisé et que je souhaite servir jusqu’à la victoire définitive », lui écrit-il dès l’annonce de sa nomination connue31. En public, la clôture entre le spirituel et le temporel semble parfaitement hermétique. Elle l’est beaucoup moins en son for intérieur, dans ses motivations et dans son action. Même s’il prend soin de s’abriter derrière l’autorité de plusieurs membres de la hiérarchie épiscopale, la guerre a bien été pour lui une croisade. Une croisade dont Alphonse Dupront a démontré la « parenté organique » avec la politique32.
D’Argenlieu ressent, pense et vit le conflit à la charnière de l’ancre et de la croix. Dès 1941, Jacques Maritain le remarque : « Il est purement et simplement admirable. Sous une forme imprévisible, c’est saint Jean de la Croix plus que jamais qui l’anime. Une conscience parfaitement simple, nette et héroïque33. » Ce rapprochement se nourrit également d’une réflexion sur la sainteté qui doit, selon d’Argenlieu, être à la fois dans et hors le monde, à l’image de la bienheureuse Marie de l’Incarnation (1566-1618), « la belle Acarie », dont il avait souhaité la canonisation au motif que « la sainteté doit, en quelque sorte, descendre dans la rue »34. D’Argenlieu se détache donc du modèle carmélitain de perfection hérité de l’Ancien Régime, qui mettait l’accent sur l’humilité, la vie cachée, la capacité à souffrir et à accepter les souffrances35. 
1Archives de la Fondation Charles de Gaulle (afcdg), papiers Élisabeth de Miribel, F23-1, allocution du capitaine de vaisseau d’Argenlieu prononcée au Cercle universitaire le 8 avril 1941.
2Discours de Pierre Brossolette à l’Albert Hall en hommage aux morts de la France combattante, 18 juin 1943. Cité dans P. Brossolette, Résistance (1927-1943), Paris, Odile Jacob, 2015, pp. 199-202.
3Allocution radiodiffusée du général de Gaulle, 14 octobre 1944. Reproduite sur une affiche de la préfecture de l’Yonne (32 Fi 60-1). En ligne : https://francearchives.gouv.fr/fr/facomponent/7f9394d1907c92c1ffa5f2382d612e9fc8c0536e
4H. Frenay, La Nuit finira. Mémoires de Résistance, 1940-1945, Paris, Robert Laffont, 1973, et Volontaires de la nuit, Paris, Fayard, 1975 ; L. Joxe, Victoire sur la nuit. Mémoires 1940-1946, Paris, Flammarion, 1981 ; J. Texcier, Écrit dans la nuit, Paris, La Nouvelle Édition, 1945.
5L. Douzou, « Les années noires », in D. Kalifa (sd), Les Noms d’époque. De « Restauration » à « Années de plomb », Paris, Gallimard, 2020, pp. 277-295.
6P.-O. Lapie, Les Déserts de l’action, Paris, Flammarion, 1946, p. 88.
7Juan de Yepes Álvarez (1542-1591), en religion Jean de la Croix, est un carme déchaux qui va réformer en profondeur la branche masculine de Carmel à la demande de Thérèse d’Avila. Considéré comme l’un des plus grands mystiques espagnols, il est proclamé docteur de l’Église en 1926.
8Archives privées de la famille d’Argenlieu (ap-ta), Carnet 1919-1925, non paginé.
9ap-ta, Souvenirs 1898-1913, notes manuscrites non paginées.
10Pour davantage de détails biographiques, nous nous permettons de renvoyer à T. Vaisset, L’Amiral d’Argenlieu. Le moine-soldat du gaullisme, Paris, Belin, 2017.
11Louis de la Trinité, o.c.d., « Saint Jean de la Croix. Le directeur d’âmes », La Vie spirituelle. Ascétique et Mystique, t. xvi, n° 92, mai 1927, pp. 302-329, et Le Docteur mystique, Paris, Desclée de Brouwer, 1929.
12Ce poème de saint Jean de la Croix a été composé en trois temps. Les premières strophes ont été écrites dans la prison du couvent de Tolède en 1577-1578, trois autres l’ont été entre 1579 et 1581, tandis que les dernières datent de 1583. La première rédaction de l’ensemble, terminée en 1584, le Cantique A, a été suivie d’une seconde, achevée en 1586, appelée Cantique B. La tradition carmélitaine les considère toutes deux comme authentiques, et estime que la seconde est un remaniement et un enrichissement de la première par saint Jean de la Croix.
13Louis de la Trinité, o.c.d., « Le procès de béatification de saint Jean de la Croix et le Cantique spirituel », Revue des sciences philosophiques et théologiques, t. xvi, respectivement n° 1, janvier 1927, pp. 39-50, et n° 2, avril 1927, pp. 165-187 ; « Autour du Cantique spirituel », Études carmélitaines. Mystiques et missionnaires, vol. ii, 1931, pp. 1-42 ; vol. i, 1932, pp. 168-176, et vol. ii, 1932, pp. 125-156.
14J. Orcibal, « La “montée du Carmel” a-t-elle été interpolée ? Le problème de la première traduction française de saint Jean de la Croix », Revue de l’histoire des religions, tome 166, n° 2, 1964, n° 4 p. 174 et n° 6 p. 203.
15Archives nationales (an), papiers Thierry d’Argenlieu, 517 ap 57, discours de l’amiral Thierry d’Argenlieu, 3 décembre 1941.
16Archives du Carmel de Lisieux, lettre du père Louis de la Trinité à mère Agnès de Jésus, 19 mars 1939.
17afcdg, papiers Élisabeth de Miribel, F23-1, brouillon d’une allocution du commandant d’Argenlieu, avril 1941.
18an, papiers Thierry d’Argenlieu, 517 ap 57, discours du capitaine de vaisseau d’Argenlieu, 10 février 1941.
19an, papiers Thierry d’Argenlieu, 517 ap 57, broadcast radiodiffusé de l’amiral d’Argenlieu aux ressortissants français du Pacifique, 31 décembre 1941.
20L. Van Den Bossche, Les Carmes, Paris, Grasset, 1930, pp. 214-215.
21M. Dupuy, « Nuit », Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, doctrine et histoire, t. xi, Paris, Beauchesne, 1981, col. 519-525.
22G. Thierry d’Argenlieu, Souvenirs de guerre. Juin 1940-juillet 1941, Paris, Plon, 1973, p. 61.
23Louis de la Trinité, o.c.d., « Sèche et obscure nuit de contemplation », Études carmélitaines. Mystiques et missionnaires, vol. ii, octobre 1937, pp. 206-229.
24J. Krynen, Saint Jean de la Croix et l’aventure de la mystique espagnole, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1990, pp. 81-83.
25Louis de la Trinité, o.c.d., « La nuit de la Foi », Études carmélitaines. Mystiques et missionnaires, vol. i, avril 1937, pp. 189-224.
26Ibid., p. 195.
27Ibid., pp. 195-196.
28afcdg, papiers Élisabeth de Miribel, F23-1, allocution du capitaine de vaisseau d’Argenlieu prononcée au Cercle universitaire le 8 avril 1941.
29Ibid.
30Archives du ministère des Affaires étrangères, Guerre 1939-1945, Londres cnf, vol. 149, ordonnance du
27 octobre 1940.
31an, 3 ag 1 326, lettre manuscrite de d’Argenlieu au général de Gaulle, 29 octobre 1940.
32A. Dupront, Le Mythe de croisade, Paris, Gallimard, 1997, p. 435.
33Lettre de Jacques Maritain à Charles Journet, 21 juillet 1941, publiée dans Journet-Maritain. Correspondance, vol. iii, 1940-1949, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 1998, n° 757, p. 170.
34Archives de la province de Paris de l’ordre des Carmes déchaux, lettre n° 11 bis/34 du père Louis de la Trinité à la mère prieure des carmélites de Pontoise, 2 mars 1934.
35É. Suire, « La sainteté carmélitaine, d’après la littérature hagiographique des xviie et xviiie siècles », in B. Hours (sd), Carmes et carmélites en France du xviie siècle à nos jours, Paris, Le Cerf, 2001, pp. 171-189.
“And so came the war... a heavy shroud of clouds and darkness, a heavy shroud of anguish and suffering. First, it was twilight... then night followed. I recall The Gospel’s dramatic words as the Lord’s Passion approached: “Venit Nox”. The night cometh. When dusk is upon us, familiar objects fade, they lose both their features and their contours. They seem to recede and distort. Yet, a vague clarity remains. My memory takes me back to those weeks of May, following the German army’s devastating attack in the west. […] Apprehension set in soon after. We did not wish to draw hasty conclusions; we could not see clearly, we did not understand. The general public became seized with harrowing angst. Shadows gathered within our hearts, in tragic contrast with the raging brightness of a truly exceptional spring season. The invaders’ motorized columns swept across a French nation bathed in light. […] In the aftermath of Dunkirk, the twilight shadows grew thicker and night fell with a mysterious eeriness. […] The military disaster crept over France like an immense and mournful veil. The night grew darker still. Nevertheless, when an army is forced to yield under the weight of an opposing force’s crushing numbers and weaponry, it is left with a single resolve – a pulsating star in the night – to fall on the battlefield face to face with the victor. […] On Monday June 17, Marshal Pétain, who had recently taken up the country’s leadership despite his age, announced his decision to enter talks with the enemy, as well as his desire to see the fighting cease. Once more, the night that enshrouded France grew darker, and thus, the last stars in the sky faded… […] I also reflect upon the cruel darkness that threatens to envelop the souls of our grandchildren, of our young French lads, whom a clever and criminal propaganda is trying to rally to the Nazi mystique. […] Night has come over France1!”
These words were uttered in April 1941 by future Admiral Georges Thierry d’Argenlieu (1889-1964), during a speech titled Nuit sur la France (Night over France) to introduce Free France in Canada. The omnipresence of night-related vocabulary – when evoking the situation in France after the debacle of spring 1940 – is by no means exceptional. Many Resistance fighters, both inside and outside of France, used similar wording – both during and after the war – to speak of their commitment and battles against the Nazi occupiers and the latter’s French collaborators. On June 18, 1943, Pierre Brossolette spoke of “the night of martyrdom and captivity2,” while General de Gaulle announced that “we have emerged from the night3” in a radio address on October 14, 1944. Among the memoirs published after the war, let us cite Henri Frenay’s The Night Will End and Volunteers of the Night, Louis Joxe’s Victoire sur la Nuit (Victories over the Night) and Jean Texcier’s Écrit dans la Nuit (Written in the Night)4. All of the latter helped shape a specific chrononym for this somber period: the “dark years5”.
However, this rhetorical device took on a rather singular dimension when used by d’Argenlieu – then-Chancellor of the newly created Order of the Liberation. Pierre-Olivier Lapie was a former Popular Front deputy who rallied to the Free French in the summer of 1940. He met d’Argenlieu a few weeks after the armistice and rightly went on to note that the latter “transposed, during those tragic years, his mysticism upon France6.” Despite being a naval officer, d’Argenlieu was, at the very same time, Father Louis of the Trinity of the Order of the Discalced Carmelites. On the eve of the war, he held the title of Vicar Provincial of the Paris Carmelite province. He was also one of the leading authorities on Saint John of the Cross7, the great Carmelite mystic, and the latter’s poem La Noche Oscura (The Dark Night).
This article examines how Father Louis of the Trinity and his work on the teachings of Saint John of the Cross influenced the vision of his military second self, Admiral Georges Thierry d’Argenlieu, regarding the French Campaign and the ensuing debacle. In June 1940, his understanding of the situation in France – marked by the concept of the “dark night” – was one of the factors underlying his decision to join the Resistance alongside General de Gaulle, before becoming one of the latter’s key Companions.
- Former naval officer and specialist on Saint John of the Cross
To understand how this naval officer became one of France’s leading specialists on Saint John of the Cross, we must briefly look back at his career – one that is profoundly marked by the anchor and the cross.
Georges Thierry d’Argenlieu entered France’s Naval Academy in 1906. He first served in Morocco, where he met Louis-Hubert Lyautey, whose personality was to have a lasting influence on him. The Great War caught him “on his way to the cloister,” as he wrote in his journals, just three weeks after he had decided to retreat from the world and answer his religious calling8. Nevertheless, he went on to spend four years fighting the naval war in the Mediterranean. In 1919, after an “interminable exercise9”, as he put it in his unpublished memoirs, he hung up his uniform in exchange for the cloth and entered the Order of the Carmelites. After being ordained in 1925, this uncompromising Catholic figure – who had temporarily been seduced by the ideals of the Action Française (a French far-right monarchist movement) – became one of the main architects of the Carmelites’ intellectual and spiritual renewal between the two wars10.
D’Argenlieu’s work on Saint John of the Cross dates back to the mid-1920s. At the time, he and Father Bruno de Jésus-Marie were writing a book to mark the tercentenary of the Spanish mystic’s canonization. They had devised a three-part plan for the book; thus, the former naval officer was entrusted with the part devoted to the figure of the “mystical doctor”. To prepare for this endeavor, he obtained permission from his superiors to travel to Rome. Here, he would scour the archives of the Sacred Congregation of Rites to study Saint John of the Cross’ beatification. During his stay in Rome, which lasted several weeks, Louis of the Trinity frequented the Vatican Library and the archives of the Generalate. Yet for reasons unknown, his work diverged greatly from the initial plan. The book was published in 1929, in Le roseau d’or (The Golden Reed) – a collection directed by Jacques Maritain – under the sole signature of Bruno de Jésus-Marie. The part relating to the “mystical doctor” was published separately by Louis of the Trinity in the form of articles and brochures11.
During his stay in Rome, d’Argenlieu also studied the different variants of the Spiritual Canticle12. He wrote several contributions13 to the topic, in light of his exhaustive study of John of the Cross’ canonization procedure, the details of which are preserved in the archives of the Sacred Congregation of Rites. Studying these texts was long considered a rite of passage for anyone interested in disseminating the Sanjuanist writings, as the former refute the thesis according to which the Spiritual Canticle was written in several stages, while suggesting that Canticle B should in fact be attributed to Thomas of Jesus, a close friend of John of the Cross14.
Louis of the Trinity’s work truly illustrates his total involvement in the life and influence of his religious order. As the crowning achievement of his research, he would have liked to publish the complete works of Saint John of the Cross. After having been elected Vicar Provincial of his order in 1932, however, he was unable to free up enough time for this endeavor, as he still held this position in 1939 when the war started. During the war, his unfinished work was taken up by Father Lucien-Marie de Saint-Joseph, which led to the publication of Œuvres spirituelles du bienheureux père Jean de la Croix (Spiritual Works of Blessed Father John of the Cross) in 1947.
- Between anchor and cross
After being drafted in 1939, d’Argenlieu approached the conflict from a spiritual standpoint and with quasi-mystical patriotism, founded upon the belief that “to love one’s native land, the home of one’s ancestors, is a sacred duty, for it is from our homeland that we receive, without merit, the most precious gifts15.” For d’Argenlieu, as well as for many other Catholics, the French cause was perfectly noble, as it met the criteria of a just war; the stakes of the conflict transcended the national framework. He saw Hitler, “Germany’s pseudo-prophet16”, as a threat to Christendom as a whole. Thus, faith in France and faith in God came together to defend a “magnificently animate Christian civilization17.” The onslaught of Hitler’s neo-paganism made him fear “the ruin of spiritual values, of the foundations of our Christian civilization and of Civilization itself18.” The true originality of d’Argenlieu’s patriotism did not lie in this form of Gesta Dei per Francos (Latin for “God acts through the Francs”), a sentiment widely held by Catholic officers at the time. Rather, his vision was unique due to his understanding of the fundamental antinomy between the values of France – which he saw as the kingdom of the Most Christian – and Nazi Germany, the cradle of Hitler’s paganism. Thus, the conflict was no mere war of territorial defense, but a battle to the death between two irreconcilable absolutes. Victory became a patriotic imperative coupled with a religious necessity, for it “depends upon the vigor of our faith in the fatherland, on the firmness of our hope in the fatherland, on the ardor of our love for the fatherland of France19.”
The French Campaign is key in order to fully grasp the Carmelite vicar’s vision of the conflict. This event enshrined his shift from the idea of a just war to that of a true crusade. Thus, Lieutenant-Commander Thierry d’Argenlieu gave the floor to Father Louis of the Trinity, expressing his vision of an eschatological struggle characterized by quasi-apocalyptic scenes; the text featured at the start of the present article bears witness to this. In the eyes of a Saint John of the Cross specialist, the advance of German troops darkened the sky, the debacle engulfed France and gave way to the noche oscura. Indeed, Sanjuanist spirituality permeates his vision of the conflict. He was reminded of the night, a theme that characterizes one of the great sorrows of the Carmelite faith20. The twilight that d’Argenlieu saw in France’s defeat is akin to the darkness that Christians believe to be one of the eschatological signs of the Second Coming21. In fact, he believed that “France is in agony and may well die22.”
However, as an exegete of the “mystical doctor”, Father Louis of the Trinity knew that John of the Cross did not equate night with desolation.
On the contrary, it is an experience of divine transcendence; the “dry, obscure night of contemplation23”, a topic that Father Louis of the Trinity was studying on the eve of the war. The Sanjuanist night transcends light; it illuminates the soul, purifies it and leads it towards union with God24. In 1937, in an article for Études carmélitaines (Carmelite Studies) on Genesis, he pointed out that light emerges from darkness25. For him, “night is a primordial notion for the human mind, and an elementary phenomenon for man’s senses26.” As a true mystic, he wrote: “When night falls... No, night never falls. The night – a priestess or fairy, cloaked in black, yet so beautiful – rises to enchant our senses, rest our spirits, satiate our hearts27.”
He returned to this idea in 1940, linking it directly to Free France, because “for those who were not, in that hour, plunged into the darkness of defeat, [...] very high stars shone in the skies above France28.” In his view, the night that was 1940 constituted but a stepping-stone: “However dark it may be, night is only a passage, a passage from the day that is falling to the day that is about to rise. Night is both obscure and translucent. We, the Free French, remember these two facets of night. We believe, we are sure, that the night engulfing France is only a passage. We keep our minds clear, our hearts strong, our hands armed, as means to overcome it. We will soon dispel the accumulated darkness. We will sweep it away from the soil of our homeland, from our family homes, from our beloved France. [...] The certainty of victory to come; is that not, here and now, the very light that tears through the night?29”
D’Argenlieu’s interpretation of defeat – in light of his Carmelite experience and his spirituality marked by Saint John of the Cross – led to an inescapable convergence of the spiritual and temporal realms. Nevertheless, d’Argenlieu consistently denied the intermingling of his two vocations and never ceased to insist on their strict separation. In the autumn of 1940, he pointed this out to General de Gaulle, who had appointed him to the Empire Defense Council as “Reverend Father d’Argenlieu,” rather than using his rank as a naval officer30. “If this mention of my ecclesiastical and religious title is in any way useful to the cause of Free France, I welcome it. I hope, however, that my status as a sailor will not be lost from sight, for it is as a sailor that France has mobilized me and that I wish to serve until final victory is achieved31”, he wrote to General de Gaulle as soon as his appointment was announced. In public, the boundary between the spiritual and the temporal seemed perfectly watertight. Inwardly, however, in his motivations and in his actions, this separation was much less clear-cut. Despite carefully taking shelter behind the authority of several members of the episcopal hierarchy, for d’Argenlieu, the war was indeed a crusade. This crusade possessed an “organic kinship32” with politics, as was later demonstrated by Alphonse Dupront.
D’Argenlieu’s perception, understanding and experience of the conflict sat on the border between anchor and cross. As early as 1941, Jacques Maritain remarked: “He is purely and simply admirable. More than ever, it is Saint John of the Cross – in an unpredictable form – that drives him. A perfectly simple, clear and heroic conscience33.” D’Argenlieu’s approach was also inspired by his views on holiness, which, according to him, must be both within and outside of the world – in the image of the Blessed Marie of the Incarnation (1566-1618), “the beautiful Acarie”. In fact, d’Argenlieu had hoped for the latter’s canonization, on the grounds that “holiness must, in a way, descend into the street34.” Thus, d’Argenlieu broke away from the Carmelite model of perfection inherited from France’s Ancien Régime, which advocated humility, a hidden life, the ability to suffer and to accept suffering35. 
1Archives of the Charles de Gaulle Foundation (ACDGF), Élisabeth de Miribel papers, F23-1, speech by Captain d’Argenlieu at the Cercle Universitaire (Faculty Club) on April 8, 1941.
2Pierre Brossolette’s speech at the Albert Hall in tribute to Fighting France’s fallen men, June 18, 1943. Quoted in P. Brossolette, Résistance (1927-1943), Paris, Odile Jacob, 2015, pp. 199-202.
3Radio address by General de Gaulle, October 14, 1944. Transcribed on a poster by the Yonne prefecture (32 Fi 60-1). Available through France’s online National Archives: https://francearchives.gouv.fr/fr/facomponent/7f9394d1907c92c1ffa5f2382d612e9fc8c0536e
4H. Frenay, La Nuit finira. Mémoires de Résistance, 1940-1945 (The Night Will End: Resistance Memoirs, 1940-1945), Paris, Robert Laffont, 1973 ; H. Frenay, Volontaires de la nuit (Volunteers of the Night), Paris, Fayard, 1975 ; L. Joxe, Victoire sur la nuit. Mémoires 1940-1946 (Victories over the Night: Memoirs, 1940-1946), Paris, Flammarion, 1981 ; J. Texcier, Écrit dans la nuit (Written in the Night), Paris, La Nouvelle Édition, 1945.
5L. Douzou, “Les années noires” (The dark years), in D. Kalifa (n.d.), Les Noms d’époque. De « Restauration » à
« Années de plomb » (Period names: From the “Restoration” to the “Years of Lead”), Paris, Gallimard, 2020,
pp. 277-295.
6P.-O. Lapie, Les Déserts de l’action (Deserts of action), Paris, Flammarion, 1946, p. 88.
7Juan de Yepes Álvarez (1542-1591), known by his religious name as John of the Cross, was a Discalced Carmelite who radically reformed the male branch of Carmelites, upon request of Teresa of Avila. He is considered one of Spain’s greatest mystics and was proclaimed Doctor of the Church in 1926.
8Private archives of the d’Argenlieu family (PA-TA), notebook 1919-1925, unpaged.
9PA-TA, Souvenirs 1898-1913 (Memories: 1898-1913), unpaged handwritten notes.
10For further biographical details, please refer to T. Vaisset, L’Amiral d’Argenlieu. Le moine-soldat du gaullisme (Admiral d’Argenlieu: Gaullism’s warrior-priest), Paris, Belin, 2017.
11Louis of the Trinity, O.D.C., “Saint Jean de la Croix. Le directeur d’âmes” (Saint John of the Cross: Leader of souls), La Vie spirituelle. Ascétique et Mystique (Spiritual Life: Asceticism and Mysticism), book xvi, no. 92, May 1927, pp. 302-329 ; Louis of the Trinity, O.D.C., Le Docteur mystique (The Mystical Doctor), Paris, Desclée de Brouwer, 1929.
12This poem by Saint John of the Cross is thought to have been composed in three stages. The first stanzas were written in the Toledo convent prison in 1577-1578. Three more were written between 1579 and 1581, before the last was completed in 1583. The first edition of this collection, Canticle A, completed in 1584, was followed by a second, Canticle B, completed in 1586. Carmelite tradition regards both canticles as authentic, and considers the latter to be a reworking and an enhancement of the former by Saint John of the Cross himself.
13Louis of the Trinity, O.D.C., “Le procès de béatification de saint Jean de la Croix et le Cantique spirituel” (The beatification procedure of Saint John of the Cross and the Spiritual Canticle), Revue des sciences philosophiques et théologiques (Journal of Philosophical and Theological Sciences), book xvi, respectively no. 1, January 1927, pp. 39-50 and no. 2, April 1927, pp. 165-187 ; Louis of the Trinity, O.D.C., “Autour du Cantique spirituel” (On the Spiritual Canticle), Études carmélitaines. Mystiques et missionnaires (Carmelite studies: Mystics and missionaries), vol. ii, 1931, pp. 1-42 ; vol. i, 1932, pp. 168-176 and vol. ii, 1932, pp. 125-156.
14J. Orcibal, “La “montée du Carmel” a-t-elle été interpolée ? Le problème de la première traduction française de saint Jean de la Croix” (Was “The Ascent of Mount Carmel” interpolated? The issue of the first French translation of Saint John of the Cross), Revue de l’histoire des religions (Journal of the history of religions), book 166, no. 2, 1964, no. 4 p. 174 and no. 6 p. 203.
15France’s National Archives (NA), Thierry d’Argenlieu papers, 517 AP 57, speech by Admiral Thierry d’Argenlieu, December 3, 1941.
16Carmel de Lisieux Archives, letter from Father Louis of the Trinity to Mother Agnès de Jésus, March 19, 1939.
17ACDGF, Élisabeth de Miribel papers, F23-1, draft of a speech by Commandant d’Argenlieu, April 1941.
18NA, Thierry d’Argenlieu papers, 517 ap 57, speech by Captain d’Argenlieu, February 10, 1941.
19NA, Thierry d’Argenlieu papers, 517 ap 57, radio broadcast by Admiral d’Argenlieu to French nationals in the Pacific, December 31, 1941.
20L. Van Den Bossche, Les Carmes (The Carmelites), Paris, Grasset, 1930, pp. 214-215.
21M. Dupuy, “Nuit” (Night), Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, doctrine et histoire (Dictionary of Ascetic and Mystical Spirituality, Doctrine and History), book xi, Paris, Beauchesne, 1981, col. 519-525.
22G. T. d’Argenlieu, Souvenirs de guerre. Juin 1940-juillet 1941 (War Memories: June 1940-July 1941), Paris, Plon, 1973, p. 61.
23Louis of the Trinity, O.D.C., “Sèche et obscure nuit de contemplation” (Dry and obscure night of contemplation), Études carmélitaines. Mystiques et missionnaires (Carmelite Studies: Mystics and missionaries), vol. ii, October 1937, pp. 206-229.
24J. Krynen, Saint Jean de la Croix et l’aventure de la mystique espagnole (Saint John of the Cross and the adventure
of Spanish mysticism), Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1990, pp. 81-83.
25Louis of the Trinity, O.D.C., “La nuit de la Foi” (The night of Faith), Études carmélitaines. Mystiques et missionnaires (Carmelite Studies: Mystics and missionaries), vol. i, April 1937, pp. 189-224.
26Ibid., p. 195.
27Ibid., pp. 195-196.
28ACDGF, Élisabeth de Miribel papers, F23-1, speech by Captain d’Argenlieu at the Cercle Universitaire (Faculty Club)
on April 8, 1941.
29Ibid.
30Archives of the Ministry of Foreign Affairs, War of 1939-1945, London CNF, vol. 149, Order of October 27, 1940.
31NA, 3 ag 1 326, handwritten letter from d’Argenlieu to General de Gaulle, October 29, 1940.
32A. Dupront, Le Mythe de croisade (The Myth of the crusade), Paris, Gallimard, 1997, p. 435.
33Letter from Jacques Maritain to Charles Journet, July 21, 1941, published in Journet-Maritain. Correspondance, vol. iii, 1940-1949, Saint Maurice, Éditions Saint-Augustin, 1998, no. 757, p. 170.
34Archives of the Paris province of the Order of Discalced Carmelites, letter no. 11 bis/34 from Father Louis of the Trinity to the Mother Prioress of the Pontoise Carmelites, March 2, 1934.
35É. Suire, “La sainteté carmélitaine, d’après la littérature hagiographique des xviie et xviiie siècles” (Carmelite sanctity in 17th and 18th century hagiographic literature), in B. Hours (n.d.), Carmes et carmélites en France du xviie siècle à nos jours (Carmelites in France from the 17th century to the present day), Paris, Le Cerf, 2001, pp. 171-189.