Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°42 | Guerre et cinéma

François Bert
La Côte 418
Paris, Edelweiss Editions, 2019
François Bert, La Côte 418, Edelweiss Editions

François Bert, consultant en ressources humaines, a servi à la Légion. Bon. La Légion lui sert de référentiel. Bon. Ce livre parle d’une section de légionnaires pendant la guerre, la première, en novembre 1918. Bon. Ce petit roman peut être lu, au premier degré. C’est l’histoire d’un lieutenant qui monte en ligne avec sa section de légionnaires au sein de laquelle les rivalités de personnes, les abus de pouvoir, les peurs sont aussi importants qu’ailleurs. C’est un lieutenant qui réfléchit à comment emmener ses hommes au combat, comment gérer les personnalités, comment dominer son angoisse de chef surtout quand il est isolé de son capitaine. Faut-il décrocher alors qu’il n’y a plus de liaison ni avec lui ni avec les sections latérales, alors que l’ennemi essaye de s’infiltrer dans le dispositif ? Le récit est enlevé, nourri de détails qui soulignent la profondeur de la connaissance du milieu légionnaires. Presque du banal. Ce qui l’est moins, c’est le deuxième plan, celui des ressources humaines. Apparaissent quelques règles trop souvent oubliées dans le « management » de nos entreprises et de nos administrations. En voici quelques-unes: « Quand tu diriges un groupe, tu lui donnes un objectif pour vivre», « Quand tu diriges des hommes, tu les acceptes tels qu’ils sont et tu leur laisses de l’autonomie », « Quand tu es dirigeant, tu ne fais pas tout, tu organises et tu accompagnes, tu aides ». « Dans la tempête, malgré la fatigue, aies confiance en tes collaborateurs et tes supérieurs. » Ces axiomes sont simples et d’ailleurs beaucoup de livres en parlent banalement. Ils sont simplement mais magistralement illustrés avec ce court roman de guerre. Magistralement parce qu’il y a plus, c’est le troisième niveau : sous le prétexte romanesque apparaît la délicate question de la prise de décision. Ce texte n’est qu’un prétexte pour réfléchir au discernement, c’est-à-dire à la capacité de décider dans un environnement mouvant, dans lequel rien n’est automatique. En bon consultant pédagogue, François Bert déplace son sujet sur un terrain méconnu au commun de mortels pour revenir encore plus vite au cœur de ses préoccupations quotidiennes qui sont la constitution des équipes, le conseil en direction d’entreprise, c’est-à-dire le discernement. Très bon. L’objet littéraire accroche et rempli son objectif.


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