Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°38 | Et le sexe ?

François-Emmanuel Brézet
La Guerre sous-marine allemande 1914-1945
Paris, Perrin, 2017
François-Emmanuel Brézet, La Guerre sous-marine allemande 1914-1945, Perrin

Dès le milieu du xixe siècle, l’Allemagne s’est préoccupée plus que n’importe quelle autre nation de la création de sous-marins. À la veille de la Grande Guerre, l’arme sous-marine a rapidement été utilisée, avant de s’interrompre devant les protestations d’ordre éthique suscitées par les naufrages des bâtiments de commerce neutres. Contrairement à une idée répandue, l’attaque et le naufrage du Lusitania, qui a fait plus de mille morts, n’ont entraîné que des protestations protocolaires de la part du président Wilson. Il a fallu plusieurs attaques de bâtiments américains pour que ce dernier rompe les relations diplomatiques avant de déclarer la guerre à l’Allemagne. La guerre sous-marine va permettre la mise au point de nouveaux types de bâtiments, toujours plus performants, mais le haut commandement allemand reste hésitant sur leur emploi qui restera marginal malgré les efforts de l’amiral Tirpitz. Après la défaite allemande, l’interdiction qui est faite au pays de posséder une arme sous-marine sera contournée par la mise au point à l’étranger (Japon, Espagne, Finlande) de nouveaux sous-marins qui seront bien utiles dès 1935, date de la reconstitution de l’arme. L’amiral Dönitz construira une flotte d’U-Boot dont il fera un usage majeur. Leur pouvoir de nuisance, dirigé essentiellement vers l’Angleterre afin de la neutraliser, sera souvent dévastateur. Il faudra qu’un hasard heureux permette aux Anglais la capture d’un sous-marin porteur du système Enigma de codage Triton pour renverser les capacités de destruction de ces bâtiments. Hitler n’a jamais eu grande confiance en cette arme et a préféré la disperser en Méditerranée, en Arctique et en Atlantique au détriment de la Manche ; le débarquement se fera ainsi sans attaque de sous-marins. Cette histoire remarquablement racontée par l’auteur, grand spécialiste de la marine allemande, est d’une précision et d’une richesse stupéfiante. Elle est à verser au profit de l’histoire des deux guerres mondiales en mettant l’accent sur l’importance du bon usage d’une arme plutôt que sur son existence.


Chiites et sunnites | Pierre-Jean Luizard