N° 63

La fête

Éditorial

Jean-Luc Cotard

Dossier

Olivier Nakache | Éric Toledano

Un sens à la fête ?

En 2017 sortait au cinéma Le Sens de la fête, une comédie qui a connu un grand succès. Inflexions a rencontré ses scénaristes et réalisateurs, Olivier Nakache et Éric Toledano, pour leur demander, notamment, les raisons pour lesquelles ils ont eu envie de faire un film sur le thème de la fête.
Tom Dutheil

Fête et honneurs. cérémonies et célébrations dans les ordres et distinctions

Les ordres et distinctions constituent avant tout des liens : entre le décorant et le décoré, entre les valeurs d’une nation et celui qui en devient le garant, entre une action méritante et son témoignage de reconnaissance, entre le récipiendaire et les citoyens qu’il doit inspirer… Des liens qui ne sont possibles que grâce aux fêtes et cérémonies qui accompagnent leur fonctionnement.
Romain Costes

Les grandes manœuvres de la belle époque

À la Belle Époque, chaque automne, l’armée se met en scène lors de « grandes manœuvres », événements festifs de portée nationale et internationale : uniformes chatoyants, tableaux de combat, fastueuses revues finales… Pour le plus grand plaisir des spectateurs. Loin d’un exercice militaire visant à préparer les soldats au combat ?
Aude Nicolas

Quand célébrer la victoire participe de la fête impériale

La Fête impériale n’a peut-être jamais été aussi sérieuse que dans les moments de liesse populaire qui caractérisent le retour des troupes à l’issue des campagnes victorieuses du début du règne de Napoléon III. Des festivités qui exprimaient à la fois la grandeur militaire et la gloire du sacrifice. Une exploration des œuvres picturales mettant en scène ces victoires.

La fête, de guerre lasse

Célébrer le chaos originel, régénérer le cosmos, restaurer la communion entre les hommes… Telles sont les ambitions assignées à la fête. La violence s’en mêle souvent, qui porte à la comparer à la guerre. Aujourd’hui, un affadissement, une désymbolisation, une désacralisation obligent à l’envisager comme une imposture vouée au consumérisme. Alors quelles fêtes sont encore permises ?
Jean-Luc Cotard

Pas de Sainte-Barbe !

Il est de tradition dans les armes du génie et de l’artillerie, comme pour tous les métiers qui ont affaire avec des munitions, de célébrer la Sainte-Barbe. C’est l’occasion de quelques actions originales, comme à Neuf-Brisach en 1988. Que s’y est-il passé ?
Jean Michelin

Même en opex noël arrivera…

Avec un vent chargé de pluie, de neige ou de sable, Noël arrive par surprise quand on est en opération extérieure. On n’y pense pas avant, et souvent on s’interdit même d’y penser parce que la famille est loin, parce qu’il y a mille autres choses à faire, parce que la mission continue. Il faut pourtant l’organiser.
Brice Erbland

À Saint-Cyr, tout change et rien ne change

Comme dans toute grande école, on fait la fête à Saint-Cyr. Sous forme de commémorations, de transmission de traditions, ou en exutoire à la rigueur de la discipline et de l’enseignement, de manière planifiée comme de manière impromptue, voire transgressive. Et malgré l’influence des modes et l’utilisation de moyens techniques contemporains, « tout change et rien ne change ».
Fabien Pelous

Troisième mi-temps

Dans l’imaginaire collectif, la troisième mi-temps du rugby est une fête empreinte de sociabilité virile et d’excès en tous genres. Le témoignage de Fabien Pelous, ancien capitaine du Stade toulousain et du XV de France, ancré dans une expérience de terrain, permet d’en explorer les significations profondes.
Yann Andruétan | Aurélie Éon

L’heure de s’enivrer

Fête et alcool semblent indissociables. Boire pour célébrer, pour communier, pour se libérer… Or l’alcool ne se contente pas d’accompagner la fête : il en transforme la nature, parfois jusqu’à en altérer le sens. Et lorsque la fête disparaît, certains continuent de boire, comme si subsistait le souvenir d’une extase passée.
Christophe Abad

Sécuriser la fête

Compte tenu des menaces toujours plus importantes, des enjeux médiatiques et des attentes des autorités politiques, l’engagement des armées dans la sécurisation d’événements festifs d’ampleur doit être appréhendé comme une opération militaire à part entière. Il requiert une planification exigeante et une préparation rigoureuse. L’échec n’est pas envisageable !
Rémi Dalisson

Les fêtes nationales, une passion française

La France est le pays au monde qui possède le plus de fêtes nationales. Pourquoi ? Depuis la Révolution, elles sont une pédagogie civique appuyée sur les valeurs libérales des droits de l’homme. Mais aujourd’hui, au gré des vents de l’histoire et de la mémoire, d’instrumentalisations diverses, elles sont parfois l’objet de contestations qui en altèrent le sens.
Raphaëlle Auclert

Le carnaval ou l’insoutenable légèreté de la fête

Inversion des valeurs, fusion du corps social, intensité physique et émotionnelle. Le carnaval occupe une fonction éminemment subversive consistant à la fois à libérer les énergies du groupe et à le dominer. Mais existe-t-il toujours aujourd’hui ? Sous quelles formes nouvelles ?
Marc Demailly

La puissance dionysiaque

Pour Nietzsche, la fête dionysiaque transforme la souffrance et l’épreuve en intensité et en puissance de vie. Rire, danse et excès incarnent la vérité vécue, l’affirmation de la vie et la résistance au nihilisme. La fête révèle la force et l’énergie de l’existence dans chaque instant. La force d’un peuple.
Pierre Schill

L’élan de la fête

Excitation, joie, partage… La fête est un moment d’exception, un instant humain qui permet de sortir du quotidien pour ensuite revenir encore mieux dans l’action. La fête militaire crée un ressort collectif ; elle s’adresse au cœur et à l’âme du groupe ; elle donne du sens ; elle libère les énergies et redonne de l’élan. Un moment essentiel pour la force morale des troupes.

Pour nourrir le débat

Tewfik Hamel

Penser la victoire

La victoire ne peut être pensée comme un simple résultat militaire, mais doit être définie à partir de sa finalité politique. À partir de différents exemples, une mise en évidence des limites des métriques de substitution et du rôle central du récit stratégique.
Karine Desfolies

Transparence inversée

Drones, satellites, caméras, téléphones… La profusion d’images et de données nourrit l’idée d’une « guerre transparente », plus contrôlable, plus vérifiable, donc plus compatible avec l’exigence démocratique d’information. Il n’en est rien. Au contraire, l’excès de visibilité désorganise, dilue et déplace la responsabilité. C’est la transparence inversée.
Nicolas Bacoup | Romain Mialon-Evan

La mémoire napoléonienne dans la grande guerre

Si la figure de Napoléon a été peu utilisée par la propagande durant la Grande Guerre, la victoire facilite sa réintégration dans le récit républicain. Le retour de la gloire impériale, amalgamée à celle des poilus, culmine en 1921 avec les célébrations du centenaire de la mort de l’Empereur.

Comptes rendus de lecture