Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°31 | Violence totale

Jean Lopez et Olivier Wieviorka
Les Mythes de la Seconde Guerre mondiale
Paris, Perrin, 2015
Jean Lopez et Olivier Wieviorka, Les Mythes de la Seconde Guerre mondiale, Perrin

Un ouvrage réussi à partir d’une association improbable : celle du professeur d’université et du journaliste qui se retrouvent sur le terrain de l’histoire. Avec vingt et un contributeurs différents, parmi lesquels aussi bien d’éminents universitaires que des journalistes spécialisés, et un officier, ce volume veut aller au-delà des idées reçues sur de nombreux points de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des belligérants sont traités, selon des angles politiques ou militaires essentiellement. De « Les Britanniques étaient unanimement derrière Churchill », dans lequel François Kersaudy revient sur la fausse unanimité qui n’ose s’exprimer qu’après la victoire, à « Yalta, ou le partage du monde », dans lequel Georges-Henri Soutou explique ce que fut effectivement sur le moment la conférence entre les trois grands, nous abordons successivement la défaite de 1940 avec Maurice Vaïsse, Pearl Harbor avec Pierre Grumberg, Rommel avec Vincent Arbaretier, la Waffen SS avec Jean-Luc Leleu, l’armée italienne avec Hubert Heyriès, le corps expéditionnaire d’Italie avec Julie Le Gac et le débarquement de Provence avec Claire Miot, les kamikazes avec Pierre-François Souyri ou la contribution de la France à la victoire des alliés avec Jean-François Muracciole, par exemple. Le schéma général consiste à remettre les événements décrits dans leur contexte du moment et à en analyser les causes et les conséquences après en avoir décrit le déroulement. Chaque contribution est solidement référencée et peut se lire indépendamment des autres. C’est ainsi que le « mythe SS » est ramené à sa juste mesure, que l’économie allemande redevient l’économie moyenne et sous tension qu’elle était, l’image d’Épinal de Bir-Hakeim rapidement reconstruite après les combats est décortiquée, l’absurdité des investissements colossaux au profit des « armes miracles » du Reich mais au détriment des armements conventionnels démontrée... Alors, bien sûr, telle ou telle affirmation pourra déclencher un débat, voire une polémique. Mais il faudra alors argumenter aussi solidement que les auteurs. Tant mieux pour la connaissance que nous pouvons avoir de la période. En attendant, un volume très intéressant.

PTE

La Grande Guerre | Philippe Poirrier