Le fil Inflexions

Les 19 et 20 juillet, Inflexions sera au salon du livre de Saint-Cyr Coëtquidan

20 juin : mise en place du comité scientifique pour la commémoration du 150e anniversaire de la guerre de 1870

N°28 | L'ennemi

Patrick de Gmeline
Le Général de Castelnau (1851‑1944)
Paris, Charles Hérissey, 2014
Patrick de Gmeline, Le Général de Castelnau (1851‑1944), Charles Hérissey

À la veille du centenaire de la Grande Guerre et du triomphe de Castelnau, les éditions Charles Hérissey ont publié un superbe album illustré par plus de six cents documents, inédits pour la plupart. L’auteur, Patrick de Gmeline, lauréat de l’Académie française, fait partie du cercle restreint des historiens militaires reconnus.

Le sous-titre du livre Le Soldat, l’homme, le chrétien définit bien ce que fut Édouard de Castelnau. Saint-cyrien de la promotion du 14 août 1870 (1869-1870), il commence sa carrière comme sous-lieutenant, commandant de compagnie, pendant la guerre de 1870. Il la terminera comme général commandant le Groupe d’armées Est en 1918. Commandant la 2e armée au début de la guerre, il arrête les Allemands en Lorraine lors des batailles de Charmes et du Grand Couronné. Chef d’état-major de Joffre, il aura un rôle important au début de la bataille de Verdun. Durant cette guerre, trois de ses fils trouveront la mort au champ d’honneur dont Xavier, de la Montmirail, parrain avec son père de la promotion sortante. Descendant d’une des plus anciennes familles de France, enracinée dans le Rouergue, Edouard de Castelnau cultive les vertus de chevalerie, d’honneur et de fidélité, attentif aux petits et aux humbles, économe de la vie des soldats. Mais c’est avant tout un homme de foi, dans la tradition de sa famille, conforté à l’école Sainte-Geneviève, dans la corniche des Maréchaux dont il aurait dû être avec Fayolle, Franchet d’Espérey et Lyautey, ce qui l’amènera, après la guerre, à s’engager comme député de l’Aveyron et président de la Fédération nationale catholique. Très cultivé, attaché aux Jeux floraux de Toulouse, le général de Castelnau sera aussi membre de l’Institut : « Notre Maison a largement servi la France dans le présent comme elle l’avait fait dans le passé. Quid melius ? ».

Cet ouvrage de deux cent cinquante pages en couleur est digne de figurer dans la bibliothèque d’un honnête homme du xxie siècle, passionné d’histoire en général et d’histoire militaire en particulier, admiratif d’un de nos grands chefs militaires.

Patrick Jardin

Avoir 20 ans au maquis du Ver... | Marc Serratrice