Numéro 36

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DOSSIER

Le nœud gordienJean-René Bachelet
Quel sens peut avoir l’engagement militaire quand la « survie de la nation » n’est plus en jeu ? En 1999, un document intitulé « L’exercice du métier des armes dans l’armée de terre. Fondements et principes », a cherché à apporter une réponse. Aujourd’hui que l’ennemi a ressurgi au cœur de nos sociétés, les principes énoncés voici bientôt deux décennies sont-ils pour autant invalidés ?
Société héroïque et société posthéroïque : quel sens pour l’action ?Monique Castillo
On peut parler de société « posthéroïque » de deux manières : la première caractérise un pacifisme qui croit révolu le temps des guerres, la seconde regarde la course à l’innovation technologique comme ce qui peut libérer l’homme de la condition humaine. La réalité militaire contraint de poser, par-delà l’estimation de sa performance, la question du sens de l’action.
Rationalité éthique et maîtrise de la violence arméeArmel Huet
Les évolutions et les circonstances des guerres ne peuvent que modifier l’action militaire, constamment sommée de s’adapter. En revanche, elles ne changent en rien l’exigence éthique de la maîtrise de la violence qu’elle doit y inscrire et sans laquelle elle perd sa contribution à la construction de la société et de la paix.
La finalité de la guerre est-elle la paix ?
Plaidoyer pour la politiqueJohn Christopher Barry
Aujourd’hui les guerres ne sont plus des affrontements entre deux armées permanentes dans un duel de puissance de feu, mais des conflits de revendication du monopole de la violence légitime. La politique, source et cause des conflits armés, serait-elle le seul recours contre la guerre de tous contre tous ?
Légitimité et légalité de l’action militaireMarc Guillaume
S’interroger sur le sens de l’action militaire impose de déterminer ce qui peut la justifier. Or il serait inconséquent de se contenter du seul renvoi à la légitimité. La réflexion doit, en la matière, fondamentalement renvoyer à la légalité de cette action, tant au plan international qu’au plan interne.
De l’épée à l’outil : l’armée, communauté ou instrument ?Philippe Vial
Parler d’« outil » militaire ou de défense relève aujourd’hui du cliché. La réification de l’armée accueille pourtant aussi l’exaltation du soldat-citoyen, qui conduit à faire de la France une épée. Un hiatus qui oblige à relativiser l’évidence de cette image et à s’interroger sur les enjeux de son omniprésence actuelle.
Quel sens pour l’action militaire un siècle après 1917 ?Benoît Durieux
Les hécatombes de la Grande Guerre ont conduit à une tentative de mettre fin à la guerre en la rendant injustifiable, impensable et inutilisable. Ce qui a rendu difficile de penser le sens de l’action militaire. Aujourd’hui, la tentation est de la rendre indiscernable, accroissant le risque de l’affranchir de toute limite. Il nous faut nous interroger sur notre responsabilité dans ce processus.
Paix-Guerre : le monde selon André BeaufreHervé Pierre
« Ce n’est plus la paix et pas encore la guerre telle que nous l’envisageons, mais un état intermédiaire que nous appellerons la paix-guerre », écrit André Beaufre en 1939. Un concept qui envisage paix et guerre non plus comme une alternative mais dans un rapport de modulation, et qui pourrait bien être celui qui caractérise notre époque.
La nouvelle donneEntretien avec Didier Castres
Face à un contexte géostatégique nouveau caractérisé par la conjugaison de la mondialisation, de la révolution numérique et de la disparition de l’ordre bipolaire issu de la guerre froide, comment nourrir et structurer les réflexions politico-militaires ?
Des estafettes au digitalOlivier Kempf
Le sens de l’action n’a cessé d’évoluer au cours de l’histoire, pour de multiples raisons parmi lesquelles le facteur technique joue un rôle indubitable. À l’heure du cyber, du numérique et du digital, en attendant les intelligences artificielles, qu’en est-il de la responsabilité du chef et de sa qualité à prendre les décisions ? Il est déjà temps de s’interroger.
Le rempart fissuréBrice Erbland
Aujourd’hui, menace terroriste oblige, le soldat qui part en opération extérieure peut avoir peur pour sa famille, en danger à tout instant sur le territoire national. Que devient alors son sens de l’engagement intrinsèquement fondé sur la protection des siens ? Le rempart national que représentent nos forces armées peut-il se fissurer ?
Vaincre l’hydre de MossoulSébastien Burette
Le terrorisme islamiste incarné par l’EI est aujourd’hui une menace de premier ordre, tant intérieure qu’extérieure. L’élargissement du combat au champ de bataille immatériel est indispensable pour remporter une victoire décisive. Grâce à leurs capacités propres et au modèle social qu’elles incarnent, les forces armées pourraient y contribuer activement.
Combattre et développerRémy Rioux
Depuis une dizaine d’années, les crises internationales connaissent plus de métastases violentes que de résolutions pacifiques. Confrontés à cette profonde mutation, soldats et spécialistes du développement doivent se rapprocher. Car le sens de l’engagement militaire et de l’engagement des acteurs du développement convergent autour d’un défi commun : gagner la paix.
Pourquoi s’engage-t-on ?Thierry Marchand
L’armée de terre évalue chaque année trente mille jeunes Français et en recrute environ quinze mille. Derrière chaque candidature se cache un champ de motivations complexes qui peut nous en apprendre sur le sens de l’engagement individuel et, par là, sur la perception collective que cette jeune génération se fait de l’emploi de la force armée.
Le rôle du chef : donner du sensÉmilien Frey
Dans la rudesse des heurts, dans la douleur de la mort, la conscience ébranlée du soldat recherche invariablement la direction salvatrice à suivre, un cap, un espoir auquel se raccrocher. Le rôle du chef est là : être celui qui parvient à donner du sens quand tout semble en être dépourvu.
Affronter la guerre d’aujourd’hui sans perdre son humanitéPhilippe Barbarin
Dans un article personnel et spirituel, le cardinal-archevêque de Lyon loue l’importance d’une préparation morale aux métiers de la guerre, car dans ce lieu de l’expérience de la violence, les gens d’armes doivent fortifier des remparts intérieurs indispensables à la sauvegarde de leur humanité. Il présente aussi, ce que signifie la paix dans la religion chrétienne.

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