Numéro 29

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DOSSIER

La fracture culturelleMonique Castillo
Résister pour sauver renvoie, en référence à la Résistance au nazisme, à un engagement moral collectif. Résister pour récuser signifie, à l’âge postmoderne, l’affirmation de la singularité personnelle contre les contraintes collectives. Une fracture culturelle oppose ainsi deux générations et deux visions du pouvoir.
S’engager, un authentique acte de résistance ?Frédéric Blachon
En vertu de quoi le soldat pourrait-il être considéré comme un « résistant » ? Si s’engager ne semble pas constituer un acte réellement rebelle, le métier des armes continue néanmoins à faire appel à des valeurs peu mises en avant dans une société consumériste et hédoniste. Et exercer une profession où l’on peut donner la mort ou la recevoir vous range irrémédiablement dans la catégorie des anticonformistes.
Entre dissidence et résistances. Les officiers face à la défaite de juin 1940Rémy Porte
Le faible nombre d’officiers qui rejoignent le général de Gaulle en 1940 amène à s’interroger sur la capacité d’une institution qui a fait de la discipline l’une de ses valeurs cardinales à se dresser contre l’abandon et le renoncement.
Résister à son poste ?Claude d’Abzac-Epezy
Après novembre 1942, une armée de l’air est maintenue à Vichy. Ses officiers ont reçu l’assurance de leur chefs qu’ils agissaient en accord avec Alger et que leur double jeu servirait à maintenir en France une force aérienne prête, le moment venu, à reprendre le combat de la victoire.
Noblesse obligeFrançois Scheer
L’Allemagne vit naître dès les années 1930 une résistance intérieure, mais la seule qui constitua pour le pouvoir hitlérien une menace réelle, jusqu’à assembler tous les éléments d’un coup d’État, fut militaire. Et l’attentat du 20 juillet 1944 fut en réalité le moment le plus fort, sinon l’aboutissement, d’une résistance longtemps mûrie au sein des forces armées.
Edmond Michelet, une résistance spirituelleNicole Lemaitre
Edmond Michelet est un bon représentant d’une génération d’hommes engagés dans la Résistance en raison de leur activité à l’Association catholique de la jeunesse française. Un esprit de résistance qui s’est mué en esprit de miséricorde en déportation. Ses souvenirs révèlent comment le christianisme peut inspirer la résistance à la déshumanisation.
Résister avec Simone WeilMartin Steffens
Si résister n’est pas abandonner, l’itinéraire de la philosophe Simone Weil nous montre qu’il n’est de résistance efficace que dans et par l’obéissance. La résistante qu’elle fut nous aide à comprendre en quoi résister, c’est d’abord se soumettre à la nécessité.
L’expression ultime de la liberté Xavier Pineau
En mai 1995, au cours de la crise des otages en Bosnie-Herzégovine, les Serbes encerclent ou saisissent plusieurs postes tenus par les Casques bleus. Celui de Krupac, parmi d’autres, résiste aux injonctions des belligérants. Un siège de dix-sept jours commence alors. L’auteur analyse les facteurs qui l’ont conduit, jeune lieutenant, à résister à l’ultimatum des Serbes.
Indochine 1948 : la bataille de Phu Tong HoaAndré Thiéblemont
Le terme de résister ne figure pas dans le langage tactique tant l’attitude qu’il désigne est une condition implicite d’une action défensive et de nombre de missions. L’imaginaire militaire est cependant nourri de résistances épiques. La bataille de Phu Tong Hoa est l’une d’elles.
Résister à une tentative de dépersonnalisationOdile Dujon
Le lieutenant Yvan Dujon a été fait prisonnier le 7 mai 1954 et détenu dans le camp vietminh de Cho Chu, au Nord-Vietnam. Sa fille raconte ici l’humble héroïsme qu’il lui a fallu déployer au quotidien pour résister à une tentative de rééducation politique cherchant à le déposséder de son identité. Elle décrit ce père revenu au foyer, inaccessible, intransigeant et indifférent.
L’entrée en dissidencePatrick Clervoy
André Zeller, Jacques de Bollardière : deux hommes, deux officiers généraux face à la complexité algérienne, deux actes de rupture. Chacune de ces deux destinées est singulière. Leur entrée en dissidence montre cependant quelque chose de commun au chef militaire, homme responsable de ses paroles et de ses engagements moraux, donc de ses actes.
De l’acte de résistance à l’endurance : l’exemple de la société Néodyme
Jean-Luc Cotard
Il y a dix ans, cinq trentenaires signaient en gare de Tours les statuts d’une nouvelle société spécialisée dans le conseil en ingénierie dans le domaine du risque industriel : Néodyme. Une success story qui commence d’abord par un sentiment violent d’injustice. Une révolte qu’il a fallu transformer en endurance afin de ne pas sombrer sur les écueils.

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