Numéro 28

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DOSSIER

De la nécessité de l’ennemiHervé Pierre
Sauf à considérer qu’un monde sans guerre est possible, il convient d’accepter de « construire » son adversaire afin de s’en protéger et d’atteindre les buts politiques fixés pour le bénéfice de la communauté, mais aussi parce que la connaissance de l’autre est au fondement d’un parcours de la reconnaissance qui permet a minima de se préserver du risque tragiquement destructeur de l’essentialisation.
Un pari sur l’autre Nicolas de Chily
« L’impression sur l’ennemi » : dans ce paragraphe figurant en tête des ordres qu’il rédige à ses subordonnés, le chef militaire s’engage. Il fait un pari délibéré sur l’autre, son ennemi, avant d’entrer dans une relation durable avec lui : la guerre.
L’ennemi, cet ennemi, mon ennemi Frédéric Gout
Comment définir un ennemi, son ennemi ? Comment le prendre en compte, l’affronter, le contrer, pour finalement le vaincre ? Au Mali, les soldats français ont découvert petit à petit à qui ils avaient affaire. Un ennemi qui aura eu plusieurs visages au fur et à mesure de leur progression vers le nord.
Les rapports du combattant français à l’ennemi. Le lointain et le procheAndré Thiéblemont
À l’arrière, croyances et propagandes donnent de l’ennemi des images stéréotypées, avilissantes et terrifiantes. Mais dans la zone des combats, selon les époques, les mentalités, les types de conflits et, surtout, selon les situations de combat, ces figures de l’ennemi et les rapports des combattants à celui qui est en face vont se transformer.
Quel ennemi sommes-nous ?Hugues Esquerre
Les dirigeants des mouvements qui combattent ou ont combattu l’armée française en Afghanistan, en Libye, au Mali, en Centrafrique ont analysé ses forces et ses faiblesses afin d’adapter leur stratégie et leurs tactiques. Quel ennemi l’armée française est-elle pour eux ?
La France peut-elle avoir un ennemi François Chauvancy
Savoir nommer l’ennemi est une responsabilité politique majeure qui conditionne la mobilisation citoyenne, une stratégie de défense nationale, un budget de la défense et, in fine, des forces armées préparées à répondre à la menace.
Définir l’ennemi en révolution. France 1789-1799Jean-Clément Martin
Quels ont été les critères suivis par les assemblées révolutionnaires françaises lorsqu’elles durent définir l’« ennemi » ? À lire à côté des déclarations des protagonistes, le corpus des lois, l’ennemi a plus été le représentant d’une puissance étrangère que l’« ennemi du peuple », ancrant ainsi la Révolution dans une tradition nationale.
Il était une fois « l’ennemi conventionnel » Jean-René Bachelet
Des décennies durant, jusqu’à l’implosion de l’Union soviétique et la fin du monde bipolaire, le système de défense de la France a été marqué par une doctrine fondée sur la dissuasion nucléaire et une organisation des forces qui faisaient écho à la « menace » exercée par « l’ennemi conventionnel ».
L’ennemi utilePierre Thoumelin
Pour faire face au besoin en hommes durant la guerre d’Indochine, la Légion étrangère recruta en masse des prisonniers de guerre allemands. Des soldats aguerris au combat, issus de la Wehrmacht, de la Kriegsmarine, de la Luftwaffe, mais aussi de la Waffen SS.
Face au danger chimiqueYves Derville
À l’automne 1990, le 2e régiment étranger d’infanterie, l’un des composantes de la division Daguet, se trouvait face à la 45e division d’infanterie irakienne spécialisée dans le combat chimique de haute intensité dans lequel elle s’était déjà illustrée. Comment faire face à ce type de menace ? Le récit du chef de corps d’alors.
L’ennemi cyber : entre nécessité épistémologique et bourrage de crâne
Didier Danet
Quand on évoque des conflits dans le cyberespace, on prend pour référence un ennemi sans visage, susceptible de frapper à sa guise et de causer des dommages irréparables aux nations les plus avancées et les plus puissantes de la planète. Il s’agit ici de revisiter cette figure et de mettre en exergue les traits distinctifs de l’ennemi cyber.
De la culpabilité à la dangerosité, du délinquant à l’ennemi
John Christopher Barry
Depuis la guerre déclarée contre le terrorisme, l’état d’exception prend l’ascendant sur l’État de droit. Le concept de dangerosité et de prévention qu’introduit le paradigme sécuritaire fait sauter la distinction entre menace intérieure et menace extérieure, et annonce à l’échelle internationale la transformation de la guerre clausewitzienne en opération de police.
Les drones ou la disparition de l’ennemi ?Patrick Clervoy
Avec les drones armés sont apparus des systèmes d’armes qui bouleversent les repères de la guerre. Il n’y a plus désormais ni combat ni ennemi ni guerrier ni champ de bataille. Tout est devenu flou et dispersé. Sommes-nous devenus, sans l’avoir encore réalisé, le spectre de ce que nous nommions l’ennemi ?

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