Numéro 27

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DOSSIER

Qu’est-ce que l’honneur ? – Hervé Drévillon
Depuis le temps de la chevalerie jusqu’aujourd’hui, le sentiment de l’honneur a toujours structuré la société des gens de guerre. Pourtant, il paraît impossible d’en délimiter précisément les contours, tant ceux-ci paraissent soumis à l’appréciation de chacun.
Entre fierté et devoir – Philippe d’Iribarne
L’honneur méditerranéen tel que l’on peut le rencontrer en Afrique du Nord ou en Andalousie, accorde une place centrale à la manière de réagir aux affronts subis. La forme que l’on observe en France est plus composite. Si on y retrouve bien le refus de plier, de s’abaisser, s’y mêlent des éléments qui relèvent plus du registre de la vertu.
Une anthropologie de l’échange de violence – Audrey Hérisson
La « montée aux extrêmes » théorisée par Clausewitz se confronte aux réalités de la guerre pour lesquelles l’escalade de violence semble toujours s’enrayer. Pour tenter de comprendre pourquoi, un détour par l’ethnologie et l’anthropologie est intéressant.
Au nom du nom – Guillaume Carré
Le sens de l’honneur des samouraïs ou des soldats japonais, que l’on imagine exacerbé, a en fait recouvert des notions variables au cours d’une histoire marquée par la domination de l’aristocratie militaire sur le reste de la société. Ce n’est en fait qu’avec la propagande des années 1930 que cette dernière accepta un « esprit japonais » intimant aux soldats de l’armée impériale de mourir plutôt que de se rendre.
Crime d’honneur – Françoise Hostalier
L’appartenance à une famille, à une tribu ou à un clan géré par un code d’honneur peut être synonyme de sécurité, de notoriété ou d’existence tout simplement dans une lignée reconnue. Mais il arrive que le prix à payer soit celui du sang et, en général, du sang des femmes.
L’ethos chevaleresque dans l’éthique militaire
aristocratique – Frédéric Chauviré

L’honneur chevaleresque, formé au cours des XIe et XIIe siècles, constitue un cadre mental qui conditionne en grande partie les pratiques et les usages guerriers, sur le champ de bataille comme en dehors. Mais l’évolution de l’art de la guerre et l’affirmation de l’État induisent l’émergence d’armes, de tactiques et de valeurs nouvelles.
Leipzig : les perceptions de l’honneur dans la Grande
Armée – Walter Bruyère-Ostells

« Soldats, jurez de préférer la mort au déshonneur de nos armes ! » Ainsi s’exprime Napoléon la veille de la bataille Leipzig. Mais certains généraux de la Grande Armée estiment que le sacrifice de soi a des limites et que la définition de l’honneur n’est pas incompatible avec une paix de compromis.
« Tout est perdu, fors l’honneur » – Jean-René Bachelet
Que commande l’honneur ? Lutter jusqu’à la mort ? Cesser le combat dès lors que cette mort serait dénuée de sens ? Plus encore, la situation étant à coup sûr sans issue, prendre sur soi cette décision de façon que soit au mieux préservée la vie de ses subordonnés ? La réponse a évolué au cours de l’histoire.
Guerre d’Algérie : l’honneur au risque du désaveu et
du déshonneur –
André Thiéblemont

Durant la guerre d’Algérie, certaines situations ont contraint des hommes d’honneur à des décisions ou à des choix qui les ont conduit à aller jusqu’au bout de leurs convictions et de leurs fidélités, quitte à désobéir ou à se rebeller.
L’honneur de la Légion d’honneur – Jean-Louis Georgelin
« Je veux décorer mes soldats et mes savants » a expliqué Bonaparte en instituant la Légion d’honneur. S’il est aisé de percevoir comment un citoyen sous les armes peut incarner l’honneur et se voir ainsi récompensé, la chose est parfois moins bien comprise dans le cas de mérites émanant de civils. Réflexions du grand chancelier de l’ordre.
Rendre les honneurs – Christian Benoit
Le cérémonial militaire actuel perpétue un rituel codifié par Louis XIV qui traduit la pérennité de l’État par-delà les changements de régime. Outre le président de la République, les honneurs sont rendus, selon une échelle graduée, à ceux qui détiennent une part de l’autorité publique ou ont mérité, par leurs actions, la reconnaissance officielle de l’État.
À l’affiche – Éric Deroo
À la différence des studios américains, le cinéma français a finalement peu produit de fictions consacrées à la geste militaire nationale. Les productions qui font explicitement référence à l’honneur militaire dans leur titre et leur contenu n’échappent pas à la règle.
L’honneur dans l’œuvre de Pierre Schœndœrffer – Bénédicte Chéron
L’honneur est un thème qui traverse l’ensemble de l’œuvre cinématographique et littéraire de Pierre Schœndœrffer, de La 317e section à Là-Haut. Le héros se trouve confronté de façon récurrente à la question de sa fidélité à des principes moraux. Au fil de son destin, les contours de l’honneur et ses implications pratiques se brouillent pourtant…
Un sentiment étranger aux mercenaires ? – Walter Bruyère-Ostells
Les mercenaires entretiennent un rapport complexe à l’honneur. Sa reconnaissance ne passe que par la valeur individuelle au combat, par le sang-froid face au danger et par la bravoure. Retour sur les « Affreux » de la guerre froide.
« Si vous voyez quelque chose, dites quelque chose. » Edward Snowden et l’État de sécurité nationale – John Christopher Barry
En dévoilant des milliers de documents de la NSA, Edward Snowden a voulu nous alerter du danger : l’instauration du premier État de surveillance globalisée de l’histoire. Quand l’État de droit démocratique s’efface derrière l’État d’exception et la tyrannie, il reste encore à l’individu son refus catégorique de l’inacceptable, son honneur et son estime de soi.
L’honneur de la vérité – Entretien avec Edgar Morin
En 1948, à un moment où quitter ou être exclu du parti communiste apparaissait comme le suprême déshonneur, Edgar Morin a mis la vérité sur ce qui se passait en Union soviétique devant son intérêt personnel. Il revient pour nous sur cet épisode de sa vie.

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