Numéro 32

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DOSSIER

L’industriel et le robotentretien avec Guénaël Guillerme
Dans le domaine de la robotique et des systèmes automatisés appliqués à la défense et à la sécurité, l’innovation ouvre des perspectives extrêmement intéressantes, mais parfois inquiétantes. Le point de vue du directeur général du groupe ECA.
Des forces spécialesBruno Baratz
Engagées avec de faibles effectifs et une protection minimum, les forces spéciales développent des modes d’action s’inscrivant dans une logique du faible au fort. Ainsi, elles ont appris à mettre à profit les nouveaux outils offerts par les progrès technologiques. Cependant, la performance croissante des équipements est loin de placer l’homme hors-jeu.
Performance et ressources humainesDidier Danet
La recherche de supériorité des armées occidentales s’est longtemps fondée sur les avancées des sciences et des techniques de l’armement. Avec le human enhancement, le facteur humain est replacé au cœur de l’action. L’homme y gagne un surcroît de maîtrise de cette activité sociopolitique qu’est le conflit armé. Une transformation qui invite à une révision de la politique d’emploi de la ressource humaine.
La tentation de l’HubrisBrice Erbland
L’hubris n’allant pas sans l’inévitable punition qu’est la némésis, le rêve d’augmentation du combattant s’accompagne de dérives morales qui pourraient remettre en question l’intérêt opérationnel du concept. Dès lors, c’est dans un cadre éthique, donc humain, qu’il faut chercher l’amélioration du soldat et avoir la sagesse de fixer des limites.
Implications de l’augmentation cognitiveMarion Trousselard et Frédéric Canini
Les progrès des sciences et des technologies rendent envisageable, si ce n’est possible, l’amélioration des capacités cognitives de l’homme. Pour l’institution militaire, cette possibilité offre l’espoir d’une armée de super-combattants, bien au-delà du simple maintien de la capacité opérationnelle. Si elle pose le désir d’un individu capable de surpasser ses limites, elle questionne également la légitimité de son usage.
Faut-il laisser pleurer le soldat augmenté ?Aurélie Éon
Les émotions peuvent être modifiées par la médecine et la technologie, en particulier dans le but d’inhiber les plus gênantes et d’ainsi accroître l’efficacité du soldat au combat. Mais les faire totalement disparaître ne ferait-il pas courir le risque de perdre une limite éthique ?
À quoi rêvent les soldats électroniques ?Yann Andruétan
La science-fiction n’aime pas la guerre, mais celle-ci la fascine. Le combattant y occupe une place singulière : il incarne le rapport à la technologie, la confrontation à l’Autre dans sa radicalité représentée par l’extraterrestre, ou encore les excès des modifications physiques et psychiques.
Du bon dosage du soldat augmentéMichel Goya
Le soldat est une création artificielle obtenue par la transformation d’un individu naturellement réticent devant la mort en un être capable d’évoluer dans une ambiance de peur intense. Chacun d’eux est un Icare que l’on croit capable d’atteindre les hauteurs de l’invincibilité par le biais d’une alchimie à la fois ancienne et toujours changeante. Il s’agit en fait là d’une réalité toujours renouvelée.
L’homme simplifiéentretien avec Jean-Michel Besnier
Les technologies, dans la mesure où elles secrètent la vision d’un posthumain, nous contraignent à défendre ce que nous voyons en l’homme comme une richesse. Notamment sa capacité à décider dans l’incertitude. Disqualifier celle-ci, c’est ruiner l’image de soi du soldat. Or, de plus en plus, ce dernier doit se soumettre à des machines qui fonctionnent à l’information. Prenons garde à ne pas remplacer l’intelligence par l’instinct !
Homme augmenté, volonté diminuéeentretien avec Caroline Galactéros
Pour Caroline Galactéros, la surpuissance technologique des armées occidentales n’est nullement synonyme de suprématie sur le terrain. Au-delà de la simple question scientifique, elle souligne en quoi l’émergence du transhumanisme dans la chose guerrière constitue un véritable défi lancé à une philosophie politique souvent fragile dans les sociétés modernes.
Un regard de croyantPaolo Benanti
La possibilité inédite offerte à l’homme de se livrer à des manipulations sur son espèce, au risque de perdre sa propre identité, ainsi que les transformations sociales qu’une utilisation de plus en plus répandue des biotechnologies pourrait introduire rendent pertinent un approfondissement de cette question par les croyants.
Le temps du shabbatHaïm Korsia
L’homme a toujours cherché à s’élever et tous les moyens lui sont bons. Face à ce désir d’omnipotence, le judaïsme apprend à l’homme à s’abstenir de créer, un jour par semaine, le jour du shabbat. Il s’agit de se retrouver soi-même, de reprendre sa juste place au sein de la création, ni trop haut ni trop bas.

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Colloque

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Au salon

Inflexions sera présente au salon du livre de Paris, du 20 au 24 mars 2016, sur le stand du ministère de la Défense (D17). Venez nous y retrouver !

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Colloque “Faire face à la violence”

Inflexions vous invite à son prochain colloque, “Faire face à la violence” le 8 mars à l’amphi Austerlitz du musée de l’Armée (Hôtel national des Invalides).

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Numéro 31

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DOSSIER

La violence nazieentretien avec Johann Chapoutot
Devant l’ampleur et la monstruosité des crimes nazis, collectifs ou individuels, les historiens ont longtemps buté sur leur causalité profonde, faisant basculer leurs auteurs du côté de l’inhumain, du barbare. Ces comportements s’appuient pourtant sur des fondements normatifs et un argumentaire juridique.
Le feu nucléaire : une expression de la violence absolue ?Jean-Louis Vichot
L’arme nucléaire est l’arme la plus puissante que l’homme ait jamais conçue. Cette puissance formidable, dévoilée lors des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, a fait d’elle un instrument politique et non plus militaire.
Tu massacreras tes frères !Hervé Pierre
Décembre 2014 : à Bambari, en Centrafrique, des hommes massacrent leurs voisins. Le décalage observé entre cette proximité et la barbarie avec laquelle les actes sont commis ne manque pas d’interroger sur les ressorts de cette violence.
Et la foule crie « à mort ! »Patrick Clervoy
Les foules portent en elles une violence aveugle. C’est l’effet Lucifer, un phénomène universel et mal connu parce qu’il est difficile d’en percevoir les mécanismes inconscients, mais aussi parce que nous préférons ne pas le voir.
La violence, une fin ou un moyen pour l’État islamique ? Wassim Nasr
Violence à outrance, attentats kamikazes, exécutions collectives, égorgements, décapitations, mises en scène macabres sur grand écran avec des productions dignes des films d’action américains, sont devenus la marque de fabrique de l’État islamique. Quelle sont les principales articulations de cette propagande et pour quelle finalité ?
La médiatisation de la violence totale en Centrafique : récit par les images, récit par les motsBénédicte Chéron
« La limite pour l’historien, comme pour le cinéaste, pour le narrateur est dans la part intransmissible d’une expérience extrême », écrit Paul Ricœur. Qu’en est-il des récits construits chaque jour par les médias d’information, qui plus est lorsque la mise en images est celle d’une violence qui déborde le cadre légitime d’exercice de la force ? Le cas du conflit centrafricain est à ce titre très révélateur.
Regain de violences ?entretien avec Robert Muchembled
Les attaques les plus récentes, dont l’attentat contre Charlie Hebdo, seraient-elles moins l’expression d’un regain de violence « historique » que celle de l’inquiétant échec d’un modèle qui, in fine, ne parviendrait plus à supprimer, sinon à éviter, de trop criantes inégalités ?
Révolution française et « violence totale »Jean-Clément Martin
Malgré les apparences, les événements survenus pendant la Révolution française en métropole ne peuvent pas être rangés dans la catégorie de la « violence totale ». Mais les mutations de la conduite de la guerre, entraînées par la novation révolutionnaire, peuvent être comprises comme les prémisses des temps nouveaux, mobilisant les populations dans leur totalité et réquisitionnant toutes les énergies.
Illégitime violenceJean-Philippe Immarigeon
La France s’est construite sur une réflexion philosophique équilibrée, et sur l’édification d’un état de droit et d’une légalité qui ont fait sa force, mais dont on cherche aujourd’hui à la persuader qu’ils sont périmés dans un monde régi par l’arbitraire. Sauf que la rhétorique sur un monopole de la violence qui caractériserait l’État moderne oublie que le peuple souverain reste toujours, in fine, seul dépositaire de la violence légitime et seul juge de son emploi.
Justifier la violence extrême ? Monique Castillo
Comment comprendre que soient tenues pour légitimes des pratiques extrêmes et déshumanisantes de la destruction d’autrui ? Une illimitation de la haine quand elle est érigée en droit ? La conversion du révolutionnarisme en un compassionnalisme complaisant ? Ou l’incapacité de retrouver la force de s’opposer à la violence ?
Force et violencePierre de Villiers
La force militaire doit se démarquer de la violence qu’elle combat : lorsque celle-ci est un abus, une haine de l’autre, celle-là devra être raisonnée, mesurée, légitime et tournée vers le bien commun. Combattre la violence est aussi une question de forces morales.
Kakanj 1992 : les sapeurs découvrent la violenceJean-Luc Cotard
Le récit de la progressive prise de conscience de la violence de l’environnement par une équipe de commandement et, de façon plus générale, par l’ensemble d’un micro bataillon du génie engagé en 1992-1993 en Bosnie-Herzégovine. Il souligne en filigrane l’importance des savoir-faire et savoir-être dans ce type de situation.
Le processus homicide. Analyse empirique de l’acte de tuerBrice Erbland
Comment anticiper la réaction psychologique d’un tir à tuer ? Quels sont les pièges moraux qui attendent le soldat ? Comment gérer émotionnellement un homicide ? À partir de son expérience personnelle, l’auteur décrit un processus, depuis la préparation morale jusqu’à sa digestion psychologique, et dresse une cartographie du tir à tuer.
Quand tuer blesse. Réflexion sur la mort rougeYann Andruétan
Le problème de la violence guerrière se pose pour le psychiatre à travers sa conséquence : le trauma psychique. Or ce qui traumatise n’est pas la confrontation à l’horreur, mais la découverte par le soldat que sa victime lui ressemble, qu’il peut en partie s’identifier à elle. Quand l’autre devient autrui. Tuer, c’est se tuer soi-même.
Le lien à la violence des commandos MarineJacques Brélivet
Les commandos Marine forment une élite dont l’histoire comme l’actualité montrent l’engagement dans les opérations les plus sensibles. On conçoit aisément leur exposition à la violence de la guerre comme leur capacité à la délivrer en professionnels accomplis. Mais leur lien à la violence s’arrête-t-il à l’espace-temps des opérations extérieures ?
« Messieurs les insurgés, tirez les premiers ! »Yohann Douady
Cet article aborde la question des règles d’engagement. Il n’y est jamais explicitement question de violence. Mais entre les lignes, on pourra mesurer celle que procure le sentiment d’impuissance ressenti par le combattant qui s’estime pris dans un filet de contraintes réduisant sa liberté d’action sur le terrain, et ce face à un ennemi qui se joue de ces règles.

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