Faire des sciences sociales en terrain militaire : une opération spéciale ?

Comment les armées se laissent-elles saisir par les sciences sociales et quel(s) type(s) de résistances sont-elles susceptible d’opposer à la démarche scientifique ? Voici la double question que cette journée d’étude propose d’explorer, au cœur même de l’institution, à partir d’expériences d’enquête concrètes. Il s’agira de nourrir une réflexion sur les problématiques posées à l’autonomie relative du chercheur par l’ordre institutionnel militaire et la culture de ses membres. La rencontre entre deux mondes professionnels aux temporalités, exigences et attentes différentes n’est pas sans effet sur la manière de pratiquer la recherche et sur les sciences qui en sont le produit. De l’accès aux terrains d’enquête au respect de la confidentialité en passant par le devoir de réserve, quelles sont les conditions de la pratique de la recherche en milieu militaire ? Quelles opérations le chercheur effectue-t-il pour contourner ces obstacles et faire des sciences sociales au sein des armées alors que les logiques universitaires et militaires ne coïncident pas forcément ?

L’enjeu de cette journée d’études portera sur la relation entre le chercheur, l’institution militaire et le monde universitaire.

Programme :

10h00 Ouverture de la journée
Frédéric RAMEL, Professeur de science politique et directeur scientifique de l’IRSEM
Barbara JANKOVSKI, IRSEM.

Introduction
Alicia PAYA Y PASTOR, Mathias THURA

10h20 – 12h20 LES POSTURES DE LA RECHERCHE DANS L’INSTITUTION
Discutant : Claude WEBER, maître de conférences aux Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan, CIAPHS.

La sociologie militaire par les personnels de la Défense : une sociologie d’insiders ?
Christophe PAJON, CRAA
Clément MARTIN, CRAA, CMW
Officier d’active et historien : la schizophrénie est-elle indispensable ?
Rémi PORTE, CDEF
Terrain fermé ou enfermée dans son terrain : à propos du statut de «chercheur institutionnel»
Sylvie CLEMENT, DGGN

14h00 – 16h00 ABORDER LE TERRAIN – LES RESISTANCES
Discutant : Christel COTON, maître de conférences à Paris I, CESSP.

Enquêter sur l’immigration postcoloniale en milieu militaire. Obstacles et ressources du chercheur.
Elyamine SETTOUL, Sciences Po, CERI
Les tribulations d’un chercheur français dans le maquis des archives militaires italiennes
Hubert HEYRIES, Professeur des universités à l’Université Paul Valéry / Montpellier III
Contretemps, faux pas et maladresses. Récit d’une expérience ethnographique en terrain militaire par ses « ratés ».
Jeanne TEBOUL, EHESS, LISST-CAS

16h15 – 18h15 ABORDER LE TERRAIN – LA CONFIDENTIALITE DANS L’ENQUETE
Discutant : Sébastien JAKUBOWSKI, maître de conférences à AgroSup Dijon, CLERSE.

Le chercheur, l’institution militaire et le monde de la recherche
Olivier SCHMIT, London King’s College, IRSEM.
Stratégie qualitative dans le domaine de la Défense
Delphine DESCHAUX-BEAUME, maître de conférences à l’UPMF, PACTE-PO.

POUR ALLER PLUS LOIN : L’ENQUETE EN ZONE DE GUERRE
Grands témoins : [sous réserve]
Caroline MANGEZ, reporter et rédactrice en chef du magazine « Paris Match »
Jean-Paul MARI, grand reporter au magazine « Nouvel Observateur »

18h30 Clôture de la journée
Christophe LAFAYE

Le 7 février à l’Ecole militaire (amphithéâtre Louis), 10h/18h30. Inscription obligatoire : inscription.irsem@defense.gouv.fr en précisant vos : titre, grade, fonction, organisme, nom et prénom. Renseignements : Guillaume Pichard : 01 44 42 53 93 et http://www.defense.gouv.fr/irsem/page-d-accueil/nos-evenements/journee-d-etudes-du-7-fevrier-2013-faire-des-sciences-sociales-en-terrain-militaire-une-operation-speciale

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