En novembre, portons le bleuet de France

Le terme de « bleuets » désignait les soldats de la classe 15 – nés en 1895 – fraîchement arrivés sur le champ de bataille du Chemin des Dames, en raison de l’uniforme bleu horizon dont ils étaient vêtus. Ces jeunes recrues qui, pour des milliers d’entre eux n’ont jamais eu vingt ans, avaient été surnommés ainsi par les poilus plus anciens qui avaient eux porté le désastreux pantalon rouge garance encore en usage au tout début de la Grande Guerre. Cette appellation perdura pendant toute la guerre parce que l’uniforme neuf aux couleurs encore fraîches qui équipait le nouvel arrivant contrastait avec la couleur de boue des uniformes des vétérans. La popularité des « Bleuets » est telle que son image est utilisée par la propagande au travers de cartes postales, affiches, chansons et poèmes :

« Les voici les p’tits « Bleuets »
Les Bleuets couleur des cieux
Ils vont jolis, gais et coquets,
Car ils n’ont pas froid aux yeux.
En avant partez joyeux ;
Partez, amis, au revoir !
Salut à vous, les petits « bleus »,
Petits « bleuets », vous notre espoir ! »
(Alphonse Bourgoin, extrait de « Bleuets de France », 1916)

C’est à l’occasion du 11 novembre 1934 qu’il est décidé pour la première fois de vendre les fleurs de bleuet fabriquées par les anciens combattants sur la voie publique dans la capitale : 128 000 fleurs seront vendues ! C’est une vraie réussite suivie d’une véritable reconnaissance car dès 1935, l’Etat décide de la vente officielle du Bleuet chaque 11 novembre partout en France. Depuis 1991, c’est l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) qui a en charge la gestion du Bleuet de France. D’un atelier artisanal de confection de fleurs est née une oeuvre caritative unique en son genre qui a traversé le XXème siècle avec un objectif constant : soutenir les anciens combattants et victimes de guerre. Aujourd’hui, la vocation du Bleuet de France perdure et l’Œuvre agit sur de nouveaux fronts en favorisant, aux côtés des actions sociales traditionnelles, la transmission de la mémoire comme véritable vecteur de solidarité entre les générations. Héritier d’une tradition de soutien aux victimes des conflits du XXème siècle, le Bleuet est aujourd’hui une manière de préparer un avenir solidaire pour tous.

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