Ulysse : le retour compromis du vétéran

Par Frédéric PAUL
(Inflexions n° 23)

Dans l’Iliade, Homère expose la condition humaine du vétéran dans toute son ambivalence : les questions de l’amour, de la fidélité, de la tentation, du combat, de l’honneur, de la vengeance, de l’interminable guerre… Ulysse n’est pas un vatenguerre ; Hector, par exemple, est bien plus belliqueux. Il est pétri d’éthique militaire, ce qui lui fait reprocher à Hector sa barbarie. Courageux devant le danger, il est vaillant. Mais il est aussi sage et rusé ; il sait vaincre en évitant de faire couler le sang : c’est lui qui invente le cheval de Troie, le stratagème qui permet de mettre un terme à dix années de combats meurtriers. L’Odyssée, elle, traite des épreuves qui vont accompagner son retour chez lui, sur son île, auprès de sa femme Pénélope et de son fils Télémaque. Loin d’Ithaque, Ulysse n’aura de cesse pendant près de dix ans de tenter de retrouver les siens. Un temps du retour égal à celui de la guerre. Dix longues années. Pour ce vétéran, le prix à payer pour retrouver une vie normale parmi les siens est lourd. Ainsi, l’œuvre d’Homère peut-elle être considérée comme une métaphore traitant des enjeux du retour de la guerre.

Ulysse, victime et bourreau
En vainquant Troie, Ulysse a outragé les dieux. Au moment de réembarquer, de quitter définitivement le champ de bataille, il est condamné, mais il ne le sait pas encore. La peine qui lui est infligée est l’exode, l’éloignement de sa terre natale. Il est à la fois héros de guerre et victime d’un sort qui le maintient éloigné de sa chère et tendre épouse ainsi que de son fils bien-aimé. Telle est la volonté des dieux. L’Odyssée relate son « en-revenir » semé d’embûches.
Ulysse n’est cependant pas une victime totalement innocente. Après la chute de Troie, en effet, il reprit la mer et pilla le peuple des Kikones. Il leur déroba or et sveltes femmes, massacrant ceux qui s’opposaient à son dessein. Cet épisode se situe dans la continuité des combats, posant la question de l’engouement persistant du vétéran pour ceux-ci alors que l’affrontement est achevé. La plume d’Homère semble avoir capté les liens d’horreur et de fascination qu’Ulysse entretient avec la guerre. Peut-être l’a-t-il esquissé de façon intuitive, mais ce comportement de pirate, avide d’or, rompt avec l’image valorisée du héros. À l’arrêt des combats, le militaire peut de fait être envahi par un sentiment de vide ou de frustration. Le risque est alors celui de l’inactivité, de l’oisiveté, avec parfois une recherche de prise de risque ou un relâchement du sens moral, qui peut se concrétiser par des exactions sur les populations. L’affaire des soldats américains urinant sur des cadavres en Afghanistan en est l’exemple récent le plus marquant.

L’incrustation répétée de la mort
Ulysse est un trompe-la-mort qui verse le sang tout au long de son périple de retour. La scène finale de l’Odyssée est un carnage : il tue tous les prétendants de Pénélope dans sa propre demeure. Le retour n’est donc pas un long fleuve tranquille. Les dieux lui infligent des épreuves à répétition : il échappe au Cyclope puis aux Lestrygons, les géants cannibales, visite le pays des morts, résiste aux charmes fatals des sirènes, affronte les dangers de Charybde et de Scylla, survit à la tempête diligentée par les dieux, qui foudroie ses navires et n’épargne aucun de ses hommes. Hanté par la mort, il cherche à en percer l’énigme et consulte Tirésias le devin, qui le renseigne et lui permet de rejoindre le pays des morts où il retrouve ses proches comme ses ennemis. Une aventure passionnante pour les psychiatres qui estiment que le cœur du traumatisme psychique est un savoir sur la mort. Le militaire a été confronté à celle-ci, il en a vu les ravages, il a pu penser qu’il allait mourir, il en est revenu ; une expérience qu’il ne peut pas partager avec son entourage : alors qu’il a une connaissance de la mort, la communauté n’en a qu’une représentation. En ce sens, le vétéran est voué à être un incompris.
Le récit d’Homère montre un héros hanté par la mort au point qu’il répète des comportements qui pourraient lui permettre d’en percer les mystères. Le soldat de retour de mission connaît souvent cette quête de sens qui le hante et ravage ses nuits. Ce ne sont pas tant les images récurrentes de l’instant de la mort qui le gênent, mais plutôt les ruminations sur le sens de l’événement. Il bute sur le sens, un sens qu’il ne trouve pas. Comment justifier, par exemple, la barbarie révélée par la découverte d’un charnier ? Une quête de signification qui a probablement pour effet de le maintenir dans la communauté des hommes. Cette quête de sens entretient un double lien du patient à l’événement. Comment justifier l’injustifiable ? Comment maîtriser l’immaîtrisable ? Si le militaire confronté à la perspective de mourir acquiert un savoir de la mort, il plonge aussi dans une impasse, un vide de sens comparable à la quête de signification qu’entreprend Ulysse lors de sa visite au pays des morts et dans les questions qu’il pose à Tirésias.

La quête de l’oubli
L’oubli peut être pensé comme le moyen de s’extirper de sa situation. Pénélope, après cette longue attente, aura-t-elle oublié Ulysse ? Télémaque, son fils, n’entretientil pas le culte du père vivant ? Les prétendants qui se pressent autour de Pénélope ne cherchentils pas à lui faire oublier son époux ? Ulysse au pays des Lotophages ne cherche-t-il pas les vertus de l’oubli ? Devant l’insupportable de sa situation ne rêve-t-il pas d’être comme eux : un bienheureux ? Cet aspect est un point fondamental du devenir d’un vétéran. C’est l’incrustation douloureuse d’une image de la mort qui revient à l’identique dans des cauchemars, comme si l’événement se produisait à nouveau. Ce retour du passé dans le présent est insoutenable, au point que le patient demande souvent à son thérapeute un traitement « pour effacer les images ». D’autres fois, il se réfugie dans une pensée magique avec l’idée qu’« avec le temps, on oublie ». Or il est impossible d’oublier. Seuls les dieux, dit Homère, ont ce pouvoir. C’est précisément l’issue de l’Odyssée. Ulysse retrouve Pénélope au prix, une fois encore, d’un bain de sang, puis les parents des soupirants tués veulent se venger. Seule une intervention d’Athéna fera cesser cet enchaînement de violence : la déesse chasse de la mémoire des parents des défunts le souvenir de l’implication d’Ulysse dans la mort de leurs enfants. La demande d’oubli comme perspective d’un aller mieux et comme point inatteignable, voilà un autre dilemme du vétéran de retour des combats.

Ruse et transgression
« La fin justifie les moyens. » Cet adage, souvent repris dans la communauté militaire, est ambigu. Il marque la détermination, mais laisse pointer une possibilité moins avouable : avoir recours à des moyens répréhensibles pour s’en sortir ou assurer sa survie. Ainsi, dans l’œuvre d’Homère, la ruse est érigée en valeur, en modalité de résilience. L’invention du cheval de Troie, la crevaison de l’œil du Cyclope, l’usage de la séduction, le travestissement : Ulysse est l’homme de toutes les ruses. Or la ruse pose la question de la transgression. Car si Ulysse est homme de ruse, il est aussi homme de tentations et de transgressions. En s’attachant au mât du navire et en délivrant des bouchons de cire à ses compagnons, il pense pouvoir anticiper les problèmes sans renoncer au plaisir du chant des sirènes. Mais il se trompe : le désir que celles-ci suscitent en lui, par leurs promesses, lui fait perdre la raison. Il devient semblable à ses compagnons d’infortune, happés par la transgression. Il les supplie de le détacher, au prix d’une mort annoncée. Il est envoûté, a perdu toute maîtrise. Ce passage marque la condition humaine d’Ulysse, sa vulnérabilité. Comme tout militaire, il perd l’illusion d’infaillibilité, d’immortalité, en échappant de justesse au funeste destin que lui préparaient les sirènes. Ses compagnons de voyage, humains plus ordinaires, résistent bien moins à la tentation des transgressions. Ainsi, en proie à la cupidité, ouvrent-ils la bouteille enfermant les vents tumultueux d’Éole, pensant que de l’argent s’y trouve. Se lève alors une violente tempête dont seul Ulysse, accroché au bout d’un mât, réchappera. De même, ils transgresseront les lois divines en rôtissant les « volailles du soleil », animaux sacrés. Ils le paieront de leur vie.
Les militaires de retour de zone de combat s’interrogent fréquemment sur cette notion de transgression. Tel est le cas d’un jeune soldat français musulman d’origine nord-africaine qui a servi en Afghanistan durant six mois. Il présente une névrose traumatique sévère reprenant la vision d’un camarade ayant explosé sur une mine. Il confie avoir fait « d’autres choses pendant la mission », une transgression plus personnelle : il a tué un Afghan armé. Certes il était en situation de légitime défense, mais, de retour en France, il fait une autre lecture de l’événement. Il s’emporte alors : « Peut-être ai-je tué un père de famille et pas un insurgé ? Peut-être avait-il pris les armes parce que la coalition avait tué son enfant ? Peut-être ai-je tué un frère musulman alors que c’est interdit par notre religion ? » Cette courte histoire illustre le poids et le prix de la transgression, fûtelle involontaire, fantasmée plus que réelle. L’action hors des lois de la vie, hors des lois de la guerre, se décline volontiers dans l’après-coup en une culpabilité d’avoir transgressé. Ulysse paie le prix de la transgression de ses hommes affamés se nourrissant d’animaux sacrés. Il les perd tous puis dérive seul, accroché au mât de son bateau, avant d’atteindre l’île de la Calypso, où il restera sept ans retenu par une nymphe, retardant d’autant son retour.

Hasard de la mort et place des survivants
Un passage de l’Odyssée illustre l’aléa de la mort : la confrontation aux dangers du rocher de Charybde et de Scylla, qui marque la prise de risque, le courage d’Ulysse et de ses compagnons. Informés du danger par Circé, ils l’affrontent tout de même. Six d’entre eux y laisseront la vie. Jetés à la mer, ils périssent non pas parce qu’ils ont commis une faute ou été l’objet d’une vengeance, mais parce que l’ennemi, Scylla, les a saisis de façon aléatoire. Ulysse découvre alors la solitude du survivant, le poids du destin qui lui prend six de ses compagnons et le laisse désemparé de ce deuil. Le retour du militaire d’opérations renvoie à cette dimension d’isolement et de questionnement autour de sa propre survie. Le film de la mission se déroule dans la tête du survivant. Il repense aux dates anniversaires de la mort de ses camarades. Il réactualise des souvenirs. Il éprouve le sentiment douloureux d’avoir échappé à la mort sans véritablement savoir pourquoi, alors que celle-ci a emporté des proches.

Tentation et fidélité
Une dualité sert toujours de fil conducteur dans l’œuvre d’Homère. La tentation de la chair n’est pas absente du long périple de retour : Ulysse est sensible au charme des sirènes ; il goûte à l’ivresse de leurs chants. Prisonnier sur l’île de la Calypso, il est l’objet des assauts amoureux de la nymphe, sans rester indifférent à ses attraits. Mais Ulysse est habile : il séduit par les mots sans, pour autant, perdre de vue son objectif de fidélité. Pour Pénélope, restée en « base arrière », l’enjeu est le même : demeurer fidèle. Son arme à elle est le culte du souvenir. Télémaque, lui, recueille précieusement les témoignages de la survie de son père afin d’ancrer sa fidélité. Celle des compagnons d’infortune d’Ulysse est aussi à citer, eux qui le suivent au péril de leur vie.
En opérations et à son retour, le militaire est dans ce double mouvement, parfois antagoniste, d’attachement à la mission et de fidélité à sa compagne. Ulysse est assoiffé de combats, ou tout au moins les multiplie-t-il tellement que l’on ne peut omettre son rapport à la mort. Il semble comme attiré par elle, elle émaille son parcours au point de se poser la question de son possible pouvoir d’attraction sur lui. De façon moindre, le militaire de retour de mission se remémore parfois les souvenirs qu’il a de celle-ci comme des objets de plaisir au point que son entourage prend ses distances. Il apparaît comme tiraillé entre d’un côté ses souvenirs et de l’autre son investissement affectif auprès de sa famille. Parfois, les compagnes sont même perçues comme des rivales de l’institution. Les soldats ont le sentiment amer de préférer l’expérience de la guerre à celle de la relation à deux. Cet ajustement de la vie à deux nécessaire au retour est parfois long. La tentation du conjoint attendant le retour du guerrier est aussi une réalité, en témoigne le nombre de rapatriements sanitaires pour cause d’effondrement dépressif à l’annonce d’une séparation conjugale. Cette dialectique entre tentation et fidélité, cette rivalité entre mission à accomplir et vie de couple est un enjeu majeur du retour du vétéran.

Les voies de la reconnaissance
À son retour à Ithaque, Ulysse est d’abord reconnu par son chien Argos, puis par son fils. Mais l’enjeu véritable de la reconnaissance est le regard de Pénélope. La guerre a-t-elle changé son conjoint ? Sera-t-il le même à son retour ? L’espoir d’un retour à l’état antérieur de la relation est probablement le souhait de tout compagnon qui appréhende la portée de la guerre sur l’être aimé. Ulysse connaît les épreuves qu’il a endurées et se demande au moment du dénouement : « Suis-je le même ? M’aimera-t-elle toujours ? » Retrouvera-t-il sa place de choix dans la cité ? Sera-t-il reçu en héros ?
Le retour d’Ulysse est complexe. L’émotion le frappe lorsqu’il retrouve Argos, maltraité, sur un tas de fumier. Celui-ci le reconnaît immédiatement après vingt ans d’absence. S’il est parvenu à convaincre Télémaque de son identité, les retrouvailles avec Pénélope sont, elles, marquées par la froideur. Mais Ulysse n’en tient pas grief à sa compagne, incapable du moindre geste d’affection. Elle ne le reconnaît pas physiquement, même après qu’il a quitté ses habits de mendiant. Ce n’est qu’en livrant les secrets de la construction de leur chambre nuptiale qu’il reconquiert sa confiance. Lui seul pouvait en connaître tous les détails. Ils passeront la nuit à se retrouver, Ulysse contant ses épreuves jusqu’au matin. Dans cet épisode, l’Odyssée met en scène l’appréhension du retour, la qualité relationnelle des époux, leur aptitude à se reconnecter l’un à l’autre. Autant d’éléments qui illustrent les enjeux du retour du guerrier.
Chacun redoute en effet un changement de qualité des sentiments éprouvés. La non-reconnaissance physique d’Ulysse par Pénélope peut être entendue comme une difficulté à renouer avec cet homme marqué par les épreuves. Ulysse projette d’ailleurs de repartir pour rejoindre des terres éloignées des mers afin de reconstituer ses richesses pillées par les prétendants. Il s’agit de retrouver la puissance et la quiétude pour une vieillesse à deux. Pour le militaire, le retour est aussi la possibilité d’un nouveau départ proche. Souvent il repousse le moment du repos. Le temps de la vie de couple viendra plus tard. Pénélope souligne la douleur d’une jeunesse perdue, se consolant avec la perspective d’une vieillesse heureuse à deux. Comment le militaire se reconnecte-t-il à sa famille ? Quelle place lui reconnaît l’entourage ? Quand l’absence est longue, un enfant peut adopter une position parentale auprès de l’épouse, c’est la parentification de l’enfant décrite par Michel Delage. La position de Télémaque, fils devenu valeureux combattant comme son père, illustre ce phénomène.
Et Ulysse ne veut pas être reconnu que de sa seule famille ; il aspire à régner encore sur Ithaque. Il nourrit même des projets de développement du royaume dès son retour. Il veut redevenir l’élu. La quête d’une reconnaissance institutionnelle est un enjeu du retour du vétéran. Elle prend différentes voies. La voie militaire est assurément la meilleure, les médailles gratifiant l’attitude au combat. Le bureau du psychiatre peut en être une autre, tout comme l’attention portée au corps meurtri du patient par les soignants somaticiens. Les douleurs chroniques sont parfois le reflet de l’expression d’une revendication qui ne cède pas vis-à-vis de l’institution. Des troubles de l’adaptation avec impossibilité à resservir l’unité en temps de paix en sont une autre expression. L’absence de reconnaissance semble de nature à majorer l’intensité des tableaux cliniques. Au retour, chaque militaire aspire, comme Ulysse, à retrouver une place reconnue dans la communauté.

La chute de l’Odyssée intrigue le psychiatre : entre souffrance et résilience
À ce point de la réflexion, Homère a dévoilé sous nos yeux les enjeux de la guerre, les enjeux et les tourments du retour de son héros auprès des siens. Le psychiatre ne peut se contenter du retour réussi d’Ulysse retrouvant Pénélope et la paix dans sa cité. Comment vont-ils s’ajuster ? Le valeureux guerrier ne se trouvera-t-il pas marqué par son expérience d’errance ? La paix sera-t-elle durable ? La force de l’Odyssée est que chacun peut en faire une lecture en fonction de l’étape de la vie dans laquelle il est pris. La condition humaine y est dépeinte autant par les compagnons de route d’Ulysse que par le héros lui-même. Le prix de la cupidité peut être lourd, comme à l’ouverture, malgré l’interdit, de la bouteille qui libère la tempête. La tentation, le désir, peuvent se retourner contre ceux qui l’éprouvent. La blessure et l’émotion du héros sont présentes par touches. Il apparaît tiraillé entre la tentation et le devoir de retrouver sa terre. Il est en proie à la transgression. En lisant l’œuvre d’Homère à différents moments de notre vie, on y découvrirait probablement à chaque fois quelque chose de différent. Ici le psychiatre y voit une métaphore intéressante des enjeux du retour du vétéran, une formidable leçon de résilience par la ruse du héros. La qualité principale d’Ulysse reste sa maîtrise des mots. Il garde ainsi en toute circonstance la poésie du langage comme pour mieux faire face. Il incarne un appel à la formulation détaillée de ce qu’il vit, là où certains militaires disqualifient la place du langage. Son rapport aux mots est une leçon pour tout vétéran.

Conclusion
Ulysse a été décrit comme un héros résilient, soucieux de sa reconnaissance au retour. Sa trajectoire rappelle bien des enjeux du retour d’un militaire de la guerre. Au terme de la lecture d’Homère, le psychiatre est discrètement frustré. Il souhaiterait en savoir plus, aimerait connaître la vie future du couple. Mais Homère ne vise pas l’exhaustivité : l’Iliade ne reprend qu’une courte partie des cinquante jours de la guerre de Troie et l’Odyssée laisse ouverte la perspective du devenir des héros. C’est sans doute le dernier point intéressant : le retour du militaire dans ses foyers reste ouvert. Bien que difficile, il doit être une dynamique. C’est la rigidification autour d’un fonctionnement de couple rôdé qui peut poser problème. Laisser la relation ouverte, incertaine, permet sans doute à l’amour de réémerger. Ulysse, transformé par les épreuves, apportera peut-être à Pénélope quelque chose de plus. Cette transformation, plus qu’une série d’obstacles surmontés, a probablement permis à Ulysse de se révéler, leur amour futur n’en serait que renforcé. La confrontation répétée à la mort n’est donc pas nécessairement à envisager comme une fatalité, mais comme une occasion. Malade ou non, le vétéran devra conduire son existence, sa vie amoureuse. Se posera à lui la question de sa propre capacité à se relever, malgré l’expérience vécue. Il aura toujours nécessairement à se mettre en mouvement pour sauver le reste de son existence.

Cette entrée a été publiée dans Articles. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.